FORUM APOCALYPSE NEWS - PROPHETIES POUR NOTRE TEMPS

Ce Forum Catholique a pour but de commenter nos temps actuels, à la lecture des prophéties de la Bible, du livre de Daniel et de l’Apocalypse de St Jean, en les comparant avec les prophéties modernes.
 
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 "LE BONHEUR SACCAGÉ" - par Monika, le petite-fille hanbdicapée adoptée de Madame Andrée Renoncé-Chazaux ...

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Hercule
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Messages : 2023
Date d'inscription : 16/08/2017

MessageSujet: "LE BONHEUR SACCAGÉ" - par Monika, le petite-fille hanbdicapée adoptée de Madame Andrée Renoncé-Chazaux ...   Mar 10 Juil 2018 - 23:30

"LE BONHEUR SACCAGÉ" - par Monika, le petite-fille hanbdicapée adoptée de Madame Andrée Renoncé-Chazaux ...

MONIKA raconte

Ce récit, je le dédie
À ma grand-mère, grande Dame Française
À ma très chère maman
Et à ma famille.


Première partie
MON ENFANCE HEUREUSE

« J’ai une maman ! »

Je m’appelle Monika. Je suis hémiplégique et, avec cette hémiplégie, ma famille m’a adopté.
Au début, j’étais avec une Grand-Mère que je n’ai pas beaucoup connue et, après son décès, je suis tombée à l’orphelinat. A l’orphelinat, personne ne voulait de moi.
Ce que maman m’a raconté :
Ce n’était pas moi qu’elle venait chercher, c’était un petit garçon. Elle commençait à parler avec une dame.
Je ne sais pas pourquoi, je n’arrêtais pas de pleurer très fort.
Alors maman a demandé à la dame : « Qui est cette enfant qui hurle ? »
La dame a répondu : « Ne faites pas attention parce que cet enfant hurle jour est nuit, elle est insupportable. »
Je hurlais parce que je me sentais toute seule et que j’avais besoin d’amour, d’une Mère.
Et le coeur de maman a été touché. Elle a dit « Et bien justement, c’est celle-ci que je veux. »
J’ai tendu les bras, et j’ai crié « Matka, Maman, j’ai une maman ! ».
Ensuite, je courais, les bras tendus vers chacune des personnes de ma future famille.

*

En sortant de l’orphelinat, je ne marchais pas, je tombais tout le temps, je ne parlais pas bien. A l’orphelinat, on disait à maman que je ne marcherais jamais, que je ne parlerais jamais bien et maman leur a répondu : « Si ! Elle parlera et marchera comme tout le monde. »
Pour m’avoir, il fallait faire beaucoup de démarches, aller voir des psychologues, des orthophonistes, des spécialistes. Il fallait voir si l’enfant s’habituait à la famille et la famille à l’enfant.
Il y avait Babcia*, maman, il y avait mon frère Daniel, il fallait qu’il s’habitue avec moi. On faisait des promenades ensemble dans un parc, je m’en souviens, on sortait, on allait dans un restaurant, dans un grand hôtel très beau, on faisait plein de choses tout comme des parents qui vont avec leurs enfants. Daniel est venu passer des semaines à l’orphelinat pour voir si on pouvait s’habituer ensemble.
J’ai des souvenirs de cette période et souvent on en parle avec maman.

*

Après, Elisabeth, une de mes cousines, est venue me chercher en avion avec mon frère Daniel qui était avec moi à l’orphelinat en Pologne. Et on est venu en avion en France. Il y avait beaucoup de monde dans l’avion. Daniel dormait sur l’épaule d’Elisabeth. Et moi je demandais toujours en Polonais : « Mais quand arrive-t-on ? ». Et il y avait une dame qui traduisait en français comme Elisabeth ne comprenait pas.
Je me rappelle le plus l’arrivée à l’aéroport. Je ne pourrai jamais oublier. L’avion s’arrête et là je vois toute la famille : maman, Babcia et Djadja*, la marraine de Daniel et tous les amis de la famille que ne connaissais pas … qui venaient m’accueillir à Paris. Maman m’a prise à bras ouverts. Daniel dormait toujours sur l’épaule d’Elisabeth. Il s’est réveillé dans les bras de Djadja.
*Babcia : en Polonais grand-mère et Djadja : grand-père

***

La Sauldre, maman et Babcia

Les premiers pas, je les ai faits à la Sauldre, mes vrais premiers pas. Il fallait me faire des chaussures orthopédiques, beaucoup de piscine. Tout au début papa n’était pas encore là.
Quand j’étais enfant, toujours je répétais « J’ai une maman ! » Elle m’a comblée de câlins et d’amour. Quand je n’arrivais pas à m’endormir, je pleurais, elle s’allongeait près de moi, elle me consolait, elle me chantait des berceuses polonaises et françaises.
Les soirs d’été maman m’amenait promener dans la forêt. Daniel était trop petit. On marchait, on priait, on chantait des chants polonais, des chansons françaises. Babcia venait nous chercher un peu plus tard.
On faisait des feux, on chantait, on dansait. Je vois encore maman au piano quand elle n’était pas trop fatiguée.
Pour les grandes fêtes j’étais en robe à fleurs et Daniel en costume avec son noeud papillon. Je me vois encore.  
Avant de se coucher, si on n'était pas trop fatigués, maman nous faisait faire plusieurs tours des allées au son d’une musique entraînante en guise de sport. 
Dans la piscine, maman mettait nos jambes autour de sa taille pour nous apprendre à faire la brasse.

*

Mon souvenir le plus marquant, c’est avec le vélo.
C’était un dimanche. Il y avait des invités, de la famille, et mon frère savait déjà faire du vélo. Il avait deux ans et moi j’en avais quatre. Lui avec un vélo à deux roues, et moi encore avec les quatre roues. Un jour maman demande à quelqu’un de m’enlever les deux petites roues. Elle me dit : « Ton frère sait déjà faire du vélo. Et toi, tu n’as pas honte, tu as quatre ans et tu ne sais toujours pas. »
Quand maman a prononcé cette phrase, elle savait qu’il fallait me lancer : Elle m’a parlé, mais pas méchamment, comme une Mère* envers son enfant : « Tu vois que tu ne vas pas arriver ! » Je l’ai regardée et je lui ai répondu : « Ah bon, je ne vais pas y arriver… » Alors j’ai pris le vélo et je me suis mise à rouler sans jamais tomber comme si je savais depuis des années. Quand on commence, on tombe à chaque fois. Tout le monde est resté bouche bée. Mon plus beau souvenir.
Une Mère qui dit ça - elle savait que j’ai de la volonté. A chaque fois elle me rappelle : « Souviens-toi avec le vélo. » Toujours elle me poussait en avant et, grâce à cela, maintenant je sais tout faire et je peux me débrouiller.
*Les Polonais mettent une majuscule de respect à Père, Mère, Grand-Mère et Grand-Père

*

J’aimais beaucoup ma Grand-Mère, elle me faisait : un deux trois quatre, pour m’apprendre à nager. Etre avec elle, c’était tout le temps. Je la suivais partout. La propriété était superbe, des fleurs partout. J’avais une poupée que maman et Babcia m’ont achetée dès le début, dès l’orphelinat. Sur une photo prise dans le parc en Pologne où l’on allait ensemble, je l’ai, couchée sur mes genoux, alors on ne la voyait pas très, très bien.
Education : maman et Babcia. Se laver les mains avant de manger, faire la prière, mettre ses mains sur la table. Babcia venait nous voir si on se lavait bien les mains et on allait lui faire constater qu’on les avait bien lavées. Elle nous faisait faire notre prière du soir à genoux avant de se coucher.


***

Mes plus beaux souvenirs avec ma Grand-Mère

Pour les grandes fêtes je préparais la cuisine avec elle. Elle m’apprenait comment faire la pâte pour une tarte et à la tourner. Ce qui restait dans le saladier ou dans le plat, c’était pour nous, on pouvait le lécher. Quand j’ai commencé à lire, je regardais chaque pot, et je lisais ce qu’il y avait dessus.

Babcia avait presque tous les matins sa fenêtre ouverte. Quand nous passions devant, elle nous voyait par le reflet que la vitre lui renvoyait sur son armoire à glace blanche. Chaque fois je lui disais bonjour en lui faisant un sourire. Elle me répondait par un sourire et la fenêtre me le renvoyait. Nous nous parlions ainsi et, souvent, elle me faisait entrer.

Chaque soir, nous allions dans son petit appartement pour faire nos devoirs et apprendre nos leçons. Elle nous faisait des dictées comme à l’école.
A la fin de l’année, elle nous achetait des cahiers de devoirs de vacance. J’aimais tout ce qu’elle me disait de faire, tellement je l’aimais passionnément. Et maman, c’est pareil.

*

Chaque samedi après midi nous allions faire des courses.
Après manger, Babcia annonce qu’elle va faire les courses.
- Maman lui dit : « Non, tu ne vas pas toute seule. » (Parce qu'elle était déjà très fatiguée par sa maladie).
 - Elle lui répond : « Si si si ! Laisse-moi aller toute seule. »
- Maman lui propose : « Va avec Suzanne, avec Elisabeth, avec Daniel… » elle énumère les personnes.
 - Babcia répond toujours non.
- Maman demande en me regardant avec un sourire : « Alors, je sais avec qui tu veux aller faire des courses. Avec ta petite fille Monika ? »
 - Là, avec un grand sourire, elle répond : « Oh, oui, je veux bien. ».  
Mon visage changeait tout à coup, je faisais un grand sourire avec beaucoup de fierté qu’elle me prenne. Je filais dans ma chambre m’habiller à toute vitesse.
Après les courses, elle me regardait et elle me disait : "-Et si maintenant nous allions manger un croissant et boire un petit chocolat chaud ?" Alors elle me racontait quand elle était petite fille... J’aimais tellement sortir avec, c’était mon plaisir.

*

Ma Grand-Mère est une grande Dame Française que j’admire et que j’aime énormément ; je suis si fière d’être sa petite fille.
Je l’aidais pendant tout l’été dans le garage à faire des colis pour les orphelinats de Pologne. Ma Grand-Mère le faisait avec un cancer gravement ouvert après un choc.
Ses chansons préférées étaient "Douce France" de Charles Trenet ; "Fais du feu dans la cheminée, je reviens chez nous" que chante Nana Mouskouri ; et "Tant qu'il y aura des étoiles" qui lui donnait chaque fois les larmes aux yeux.

***

Djadja

Djadja était toujours joyeux et il chantait beaucoup de chants polonais.
Quand il passait près de nous, près de chaque membre de la famille, il nous prenait dans ses bras sur son cœur, il était très chaleureux et très câlin.
Il venait se baigner avec nous.
Il jouait au ballon avec Daniel et moi sur notre pelouse. Quelquefois, Djadja venait en chaussures fermées, mais très souvent en claptki (sorte de pantoufle sans talon). Chaque fois qu’il lançait le ballon, la chaussure partait avec. J’allais chercher la chaussure avec le ballon. On riait et il riait avec nous.
Il avait toujours des petites farces à nous faire. On était entrain de faire la cuisine ou même de regarder une cassette à la télévision, il nous faisait une pichenette et il se cachait pour qu’on ne sache pas d’où elle venait.
Il était très courtois avec les dames. Il nous enlevait des mains ce que nous portions pour le faire lui-même.
Chaque matin il courait à petits pas sur les allées.
Il faisait le jardin et ne montrait jamais sa fatigue.

***

En famille

Quand on faisait des bêtises, notre Grand-Mère nous corrigeait, mais pas méchamment. Et nous demandions pardon : « Excuse-nous, on est désolés ! ». Souvent, ce n’est pas facile de demander pardon.
Et moi un jour je lui ai dit, pour une tape légère : « Arrête, tu vas te faire mal aux mains ! » Alors elle s’est attendrie.
Mon frère et moi avons eu une chance exceptionnelle car Babcia avait été Directrice d’une école réputée pendant 30 ans et Djadja avait été Recteur d’Université, nous avons reçu la meilleure éducation du monde.
J’ai horreur de m’habiller en petite jupette et en décolleté. Je suis dans une famille où il y a beaucoup de classe. Babcia et maman m’ont donné l’exemple et m’ont appris la réserve et la modestie. Quand je vois quelqu’un, le premier jour je suis un petit peu gênée.
Babcia ne que nous fassions de secrets sur les personnes devant elles, pour ne pas les blesser.
Ma grand-mère servait les personnes, elle veillait à ce que nul ne manque de rien, tout le temps et pour toute la famille comme pour tous elle avait un regard de bonté et joyeux : « Babcia, je te suivrai sur ce chemin ! »

*

La vie de famille était exemplaire, belle, pleine de joie. Dans notre propriété régnait la prière, l’amour, les chants, la foi chrétienne. Tous les dimanches chacun était habillé pour aller à la messe comme dans toutes les familles catholiques. Tous les après-midis, alors que le soleil brillait, nous allions nous promener soit dans notre si jolie propriété pleine de fleurs, où les oiseaux et la rivière chantaient, ou bien nous prenions la voiture pour aller dans la forêt.
Qu’ils soient pauvres ou riches, les gens étaient toujours accueillis avec beaucoup de respect, avec les bras ouverts, même quelqu’un que l’on ne connaissait pas, même quelqu’un qui s’est trompé de route.
Maman et Babcia les faisaient entrer dans la maison et les invitait sans méfiance et sans cacher quoi que ce soit. Quand on nous appelait, nous les enfants, nous allions les accueillir.
Pendant l’été nos amis de notre âge venaient se baigner dans la piscine avec nous.
Il y avait chez nous une Vierge Marie ? Eh bien oui, il y avait une Vierge Marie. Comme dans toutes les familles catholiques. Pourquoi se cacher ?
Depuis les évènements, j’ai bien réfléchi : on nous a salis parce que notre famille était sans méfiance.

*

Mon frère Daniel me faisait jouer au ballon, nous fabriquions des maisons avec des legos, nous faisions de la balançoire. On jouait à être élèves : La maîtresse n’était pas là, elle était invisible, elle nous donnait des cahiers à remplir. On ne savait pas encore lire ni écrire, alors on faisait des dessins.
Avec mon frère j’étais très liée. Une fois, nous étions en vacances chacun de son côté. Un jour Babcia et maman ont téléphoné à mon parrain en lui disant d’aller me chercher chez une autre personne. Cette personne demande à mon parrain si mon frère est là ; Alors C. mon parrain répond : « Non, il est parti depuis une semaine. » Et moi, tout de suite j’étais triste. Je me suis dit : Je ne pourrai pas le voir ni m’amuser avec lui. Nous sommes arrivés à la maison de C. G., l’épouse de mon parrain, ouvre la porte du garage, elle me voit, on se salue. En même temps j’étais triste parce que je pensais à Daniel. On monte les escaliers et, d’un seul coup, j’entends des bruits comme de jeunes mais qui rient parce que, là-bas, on était avec une autre amie de notre âge. Mon frère et notre amie, tous les deux s’étaient cachés dans les toilettes. J’ouvre la porte, et, quand je vois Daniel, on s’est sauté dans les bras l’un de l’autre tellement on était contents de se recevoir. Et, là, je suis redevenue tout de suite heureuse.

*

A la maison nous avons accueilli des enfants d’autres familles. Ces enfants, mes amis, étaient confiés à maman car leur Mère était malade ou pour soulager les parents.
On nous avait appris à partager. J’ai donné toutes mes poupées à des petites filles d’une famille qui venait souvent nous rendre visite pour passer des vacances.
Pendant quelques temps nous avions des petites filles qui vivaient avec nous et un garçon. Il y avait une chambre pour les filles et une autre pour les garçons.

*

Quand mon parrain était là, il faisait les gâteaux pour les fêtes et les anniversaires. Très souvent mon parrain nous faisait rire. Un jour qu’on était ensemble en vacances un voisin demandait à G. si avec les enfants ça allait. « Oh ne m’en parlez pas, je n’en ai pas deux, j’en ai trois avec mon mari. »

*

Maman et Babcia détestaient qu’on fasse du mal aux animaux. Elles ne pouvaient pas supporter qu’on les martyrise.
Maman nous disait que les arbres sont vivants comme nous. Que si on leur arrache une branche c’est comme si on nous arrachait un bras.
Elle nous racontait la nature, elle nous la faisait explorer avec elle.
Un jour nous allions avec maman et d’autres personnes traverser une forêt. Maman regarde la forêt. Et, d’un seul coup, elle demande à la personne qui conduit : « J’ai vu quelque chose… » Alors on s’arrête. Et là, on voit un chien attaché à un arbre. On l’a pris avec nous parce qu’il était très malheureux : Nous l’avons appelé Gavroche.
Quand maman se baignait dans la piscine et qu ‘elle voyait un insecte se noyer, elle l’enlevait et le mettait sur le rebord.

***

L’école et la pension

Tout au début, j’allais à la maternelle qui se trouvait dans un ancien château.
Puis, à l’école, j’étais dans une classe en haut et Daniel en bas. Quand venait la récréation, je descendais les escaliers, Daniel sortait de sa classe et on se faisait des signes de frère et sœur. Un jour par semaine j’allais à l’orthophoniste qui venait me chercher. Je préférais ma famille à l’école : Il me tardait que la récréation sonne pour aller avec mon frère.
Plus tard, je prenais le car tôt le matin pour une école qui s’appelait « Le grand jardin ». C’était une CLIS : Classe pour enfants avec difficultés, qui ne pouvaient pas bien suivre à l’école. Pour moi la poésie, j’en ferais tous les jours, mais je suis nulle en calcul. J’aimais bien cette école parce qu’il y avait une maîtresse d’origine polonaise. Le mercredi j’allais perfectionner mon expression, puis au kiné, puis faire de la poterie. Quand, à la maison, il y avait un anniversaire ou une fête, ou même pour quelqu’un qui venait, ou simplement pour une petite surprise, je leur offrais ce que j’avais fait. C’était un plaisir pour moi.

*

En dernier l’institut. Un jour, pendant la récréation, l’orientateur est venu à la CLIS, monsieur S. Pendant la récréation, il m'a fait appeler dans son bureau. Il m’a dit que j’irais à l’institut où les oiseaux chantaient. Monsieur S. m’a raconté qu’il était allé voir mon amie S. et qu’elle y était très heureuse. Je l’ai cru et ma famille aussi. Babcia était ravie à l’idée d’une maison où les oiseaux chantent. Elle y croyait. Cet établissement n'est pas digne de porter un si joli nom, car il est cruel.
Un mercredi, il y avait Babcia, Elisabeth et moi, on est parti toute une journée à Bourges. Ils avaient à faire beaucoup de choses. Le midi on a mangé dans un self, l’après-midi on est allé voir l’Institut. Le directeur nous a accueillis et nous a fait visiter. En visitant, on marchait tous les quatre. Alors j’ai vu mon amie S. qui me connaissait depuis mon enfance et on était contentes de se retrouver. Ce jour-là, nous sommes entrées dans un pavillon pour voir une des chambres. Au dedans, les élèves étaient en réunion avec des éducatrices. A l’époque, il n’y avait que des filles. Toutes se sont mises à hurler, à pousser des cris de sauvages en nous voyant. Tout de suite cela m’a fait un choc. Je me suis dit : « Où est ce que je suis tombée ? » Même Babcia, même Elisabeth… On s’est regardées toutes les trois.
Quand je me suis retrouvée avec mon amie S., elle m’a dit que l’orientateur n’était jamais venu la voir et qu’elle n’était pas heureuse : Il avait menti.

***

Deuxième partie : LE MALHEUR

Quand on pense au bonheur qu’on a eu, tous les bons souvenirs, quand j’étais petite… En regardant des photos de ma Grand-Mère, de maman, et que le bonheur se brise, je ne peux pas retenir mes larmes.

L’empoisonnement et la trahison

Maman est malade depuis qu’on l’a empoisonnée. Elle souffre toujours des terribles séquelles.
Elle était souvent fatiguée. Avec mon frère Daniel on essayait de lui rendre service. On embaumait sa chambre et la salle à manger de fleurs pour lui faire plaisir, pour qu’elle pense moins à sa douleur. Quand j’ai su écrire, je lui écrivais des lettres pour lui mettre sur son plateau quand on lui porte une tisane par exemple.
Je faisais pareil pour ma Grand-Mère. Elle aussi était malade. Le choc qui lui a donné le cancer, c’est de voir maman empoisonnée, je le savais. C’est pour cela aussi que j’allais tout le temps avec elle. Quand elle avait quelque chose de lourd à prendre, je lui enlevais des mains pour le porter où elle me disait.

*

On a accueilli une famille chez nous. Je crois qu’ils étaient à la rue. Ma Grand-Mère leur a prêté son appartement. Papa un jour raconte ; nous étions à table, il dit qu’il connaît une famille qui est à la rue. Tout de suite, la bonté de maman et de Babcia : « - Eh bien, fais-les venir à la maison. » Ils avaient cinq enfants et un petit qui n’était pas encore né. Il est né pendant qu’ils étaient chez nous. Qui les accueille ? Maman gravement empoisonnée et ma Grand-mère avec son cancer. Chaque jour elle souffrait et elle avait de la température. Malgré cela, elle gâte les enfants, elle leur prête son appartement et se lave à l'eau froide.

L’homme qui a détruit notre bonheur. Il était grand, il avait des lunettes, brun. Sa femme ne faisait rien mis à part avoir son plus petit enfant sur les genoux, elle se faisait servir. On leur a donné beaucoup de vêtements à nous ou trop petits ou qu’on nous donnait, beaucoup de jouets, des dînettes. Au début, ils étaient très heureux, accueillis comme prince et princesse, ils ont bien profité de tout. Pour moi c’était et c’est un homme très grossier avec les dames et dans ses conversations. Et aussi, il martyrisait les animaux : il leur donnait des coups de pied, il hurlait sur eux. Il ne faisait rien du tout. On leur a donné tout le bonheur. On s’amusait avec ses enfants.
Le père de famille était jaloux de notre bonheur. Il inventait toujours des histoires. Il disait que quelqu'un fouillait dans notre maison. Mais c'est lui qui fouillait et trichait. Un jour la police est venue et l'a emmené. Il était recherché. Il avait cru que c’était notre famille qui avait appelé la police. En montant dans la voiture, il a dit : « Je me vengerai ! »

***

L’horreur de la pension

Le Docteur de l'institut me faisait faire des mouvements à ma main à cause de l'hémiplégie. Il me faisait tellement mal, c'était une torture. Quand je voyais la liste de ceux qui devaient le voir chaque semaine, j'avais peur. J'allais au rendez-vous sinon mon m'y aurait amenée par la peau des fesses. Il voulait me faire des piqûres. Mais ce n'était pas celles que l'on m'avait prescrites. Ma famille n'a pas voulu.

A l’institut, au début j’étais la plus jeune. Ensuite il est venu des filles de mon âge. Les filles me faisaient souffrir avec des paroles. Elles me traitaient de tous les noms, souvent. Certaines me frappaient. D’autres me mordaient.

*

Quand j’étais enfant, un jour je me suis demandée s’il était possible que des hommes aillent avec des hommes ou des femmes avec des femmes. Je n’aurais jamais pensé que cela puisse même exister.
Et il a fallu que j’aille dans ce lieu pour voir que cela existe. Sinon je ne l’aurais pas cru. Des filles ont essayé de me toucher. Certaines étaient sans pudeur comme on en voit trop souvent à la télé.
Certaines n’étaient pas normales. On en voyait qui étaient lesbiennes, une a même voulu avec moi. J’ai dit : Je ne suis pas lesbienne. Mon Dieu, où suis-je tombée ! Cela me dégoûte.
Avec S., nous sommes allées voir le directeur pour lui parler de ce qui se passait. Il m’a regardé avec étonnement mais il n’a rien fait. Il n’est pas allé voir la fille en question.
Dans les vestiaires, quand on partait pour se changer, je ne savais pas comment me mettre parce que j’ai horreur de me montrer. Les chambres étaient pourvues de douches qui fermaient à clef. Parfois nous allions aussi, pour nous déshabiller, dans la pièce où se trouvaient les lavabos. Un jour la douche était prise ; j’ai dû me changer dans cette pièce. Elle ne fermait pas à clef. Exprès, une fille a ouvert grand la porte et elle est partie de suite après. Or il y avait des garçons. Lorsque est arrivé le fameux directeur D.C., il voulait que ce soit mixte.

*

Mais surtout, trois ou quatre grandes me traitaient de tout et elles me coinçaient à la serre et dans la cabine de déshabillage. C’était une cabine pour se faire propre et se changer quand on revenait des serres.
Un jour, j’allais à la cabine pour me changer, parce que j’avais un entretien avec une psychologue. Je n’arrive plus à sortir. Une de ces filles tenait la poignée. Elle lâche d’un seul coup pour me faire tomber. Je suis à terre. Elles me frappent, me tirent par les cheveux, me font saigner le nez. Elles m’ont déchiré les habits. Coups de pied au ventre, dans le dos, partout. Elles ont fermé la porte derrière elles. Je hurle, je pleure. Une autre fille avait oublié quelque chose dans sa cabine. Elle me voit et va vite prévenir le professeur qui était entrain de téléphoner. Il vient, il ouvre la porte. Il me dit : « Va à l’infirmerie ». Il demande à S de m’accompagner parce qu’il lui fallait surveiller cette troupe. L’infirmière me demande ce qui s’est passé, je lui ai raconté. Je suis restée à l’infirmerie jusqu’au soir.

Une fois les filles m’avaient assommée. Je suis restée plusieurs jours au lit. J’allais à l’infirmerie quand j’avais vraiment mal, en tout peut-être quatre ou cinq fois. Mais je ne suis pas une fille qui se plaint. Il faut que j’aie vraiment mal pour me plaindre.

A la maison, pour ne pas dénoncer, je disais à chaque fois : « - Je me suis cognée ». Petit à petit, tous les soirs où je rentre, ma famille voit que j’ai des bleus, des habits déchirés. Un jeudi, maman et papa sont allés trouver le directeur : « - Que se passe-t-il ? Chaque vendredi elle revient avec des bleus et les vêtements déchirés. » Il répond : « - Mais, madame, c’est elle qui déchire ses vêtements ! » Il a menti pour pas perdre sa place.

Les filles me massacraient presque chaque semaine. Chaque fois, j’avais l’impression qu’elles me tuaient. Souvent je me demandais si j’allais en réchapper. Après cela, j’allais souvent me reposer sur mon lit.
Une fois, au pavillon, les pires de toutes, A. B. et V.  F. Je lisais sur mon lit. Je voulais être un petit peu au calme, toute seule. C’était un vendredi soir juste avant de prendre le car pour rentrer. Je ne leur répondais pas - parce qu’elles me faisaient à chaque fois des misères. Comme je ne leur répondais pas, l'une me frappait, l'autre me mordait. Elles m'ont traînée par les cheveux jusqu’à la porte. L’éducatrice est arrivée car les avait vues partir en vitesse de ma chambre. Elle m’a accompagnée jusqu’à l’infirmerie.

Le même jour, j’étais rentrée, j’étais dans l’appartement de Babcia pour aller l’embrasser et embrasser Maman.
- Celle-ci touche mon bras.
- Je dis « -Aïe !
- … Maman et Babcia se regardent.
- Oh ce n’est rien, je suis tombée.
- Maman me répond : "- Quand on tombe cela ne fait pas de bleus à cet endroit "
- Je continue à lui dire que je suis tombée. 
- Tu es sûre ? » Maman me demande si je peux le jurer.
- J’ai dit non et j’ai fini par tout raconter.

Un jour les filles m’ont même maltraitée en ville près de la gare routière. Je criais, il y avait beaucoup de gens, personne ne m'a défendue.
Décidément, cette cage où je passais la semaine était bien cruelle pour moi.

***

La mort de Djadja

Djadja venait pendant les vacances. A la fin, il était tout le temps au lit. Des infirmières venaient le matin pour s’occuper de lui et lui faire des piqûres. Souvent, pour mon Grand-Père, quand il était malade, nous faisions un tour de rôle pour être la nuit près de lui.  Nous étions dans le grand lit près du sien. On se relayait. Maman m’a choisie avec papa. Nous dormions à coté au cas où il aurait besoin de quelque chose.

Pendant la semaine j’étais à l’école. Nous avions droit à un coup de téléphone par semaine. Quelque chose m’a poussé, une grande inquiétude au sujet de Djadja. Je me suis dit : Il faut que tu téléphones à la maison. Alors j’ai demandé à l’éducatrice si je pouvais le faire. Et, le soir-même, un jeudi vers sept heures du soir, je suis tombée sur Babcia. Je lui ai demandé d’un seul coup des nouvelles de mon grand-père. Ce que je n’aimais pas : les éducatrices appuyaient sur une touche pour écouter. Babcia me répond avec une triste voix dont je me rappellerai toujours : « Mais, il est mort. - Quand ? - Hier après-midi » Je me suis mise en larmes. J’ai commencé à pleurer puis j’ai donné le téléphone à l’éducatrice. Celle-ci a dit à Babcia : « J’ai entendu toute la conversation, je vous fais toutes mes condoléances. »
Je me rappelle aussi le vendredi soir, quand je suis arrivée à la maison. La famille de nos cousines était là ; je me suis mise à pleurer longuement dans les bras de Babcia.
Le samedi matin, nous étions tous prêts ; nous sommes allés aux obsèques au village. Je pleurais tout le temps. Je pense que si on l’avait ramené plus tôt de Pologne, dans notre famille il aurait été sauvé.

***

Le livre et l’émission de mensonges

Puis cet homme que nous avions accueilli a écrit un livre sur nous.   Il brode, il ment et, comme c'est un mythomane intelligent, avec nous il fabrique une secte. On croit ce que raconte ce bandit, lui qui a fait de la prison car il volait les gens et bien d'autres choses.
Quatre personnes du Conseil Général sont venues à la maison pour enquêter sur nous, les enfants, et sur les autres enfants qui venaient chez nous. Ils ont menacé maman de prendre les enfants.
Babcia était malade, mais elle prenait des médicaments, et nous savions tous qu’elle avait un cancer ; tous, nous faisions ce que nous pouvions pour elle. Jamais son cancer n’aurait pu galoper s’il n’y avait pas eu le livre qui a dit du mal de nous et ensuite l’émission horrible de M6 : un enfer.

*

Un jour, entrent chez nous une dame et deux messieurs de M6 avec des grosses caméras.  Ils disent qu’ils viennent de la part du Père M. que nous connaissions. Ils se proposent pour nous sauver contre ce livre horrible. Mais ils nous ont menti.
Tout de suite, on leur a montré le petit qui venait de naître. Nous, les enfants, nous étions tous là. On a parlé longuement de cet homme et de tout le mal qu’il nous a fait, comment il martyrisait les animaux, etc., en même temps ils nous filmaient.
A un certain moment, Babcia est venue pour les saluer. Nous les avons reçus comme nous faisons chaque fois que nous avons des invités. Nous avons chanté « Sauvez la France au nom du Sacré-Cœur » et la journaliste avait les larmes aux yeux, tout cela devant la caméra. Ils ont filmé la statue de la Vierge Marie, le sapin de Noël et toute la maison.  Ils ont vu la joie de tous les enfants. Ils sont venus plusieurs jours.
Quand l’émission de M6 est sortie, elle n’était pas comme ils l’avaient promise et nous le savions. Seul papa devait la regarder. On avait demandé d’enlever la télévision de chez Babcia. Maman savait que l’émission passerait et elle ne voulait pas lui rajouter un malheur en plus à cause de son mal. Mais on l’a laissée voir. Alors son mal est revenu de plus belle en voyant qu’ils ont touché sa fille.
Après l’émission, le directeur, devant les éducatrices, insulta ma Mère. Il dit qu'elle volait les enfants des autres. Beaucoup de filles de l’institut me disaient que ma famille était une secte en m’insultant : « la fille de la secte » et en me crachant au visage. Mon frère Daniel aussi était battu.
La vérité sur cette histoire est entrain de sortir. La honte sera du côté des journalistes qui nous ont menti et de tous ceux qui ont saccagé notre bonheur. Tous les gens de bien sont scandalisés par cette histoire. Seuls les mauvais continuent à y croire, cela les arrange parce qu'ils ne sont pas propres dans leur vie.

***

« Cage-piégée »

Au bout de quelques temps, C. et G. sont venus à la maison pour s’occuper de Daniel et de moi. Daniel est parti, c’était plus facile car il suivait des cours par correspondance. Et moi je suis restée pour terminer mon année scolaire. Après, je devais rejoindre ma famille en Pologne. Il fallait sauver d’abord Babcia et maman qui étaient toutes les deux malades. Maman venait d’apprendre qu’on lui avait coupé les allocations familiales pour nous trois, car nous avions avec nous le petit qui venait de naître.

*

Maman voulait me retirer de l’institut que j'appelle maintenant "cage-piégée" : elle croyait qu’il n’était plus payé pour me prendre. Le lundi après-midi, C.G. et moi, nous sommes allés prendre mes affaires. Je ne voulais pas y aller. Quand nous sommes arrivés, les filles de mon groupe faisaient les plates-bandes de fleurs. Elles se sont écriées : « Mais, ce ne sont pas les parents de Monika ! »
Arrivés dans le bureau du directeur, G. lui dit : « Nous venons pour vous demander si c’est possible que Monika quitte l’institut. Il est indispensable qu’elle aille rejoindre sa Grand-Mère qui est malade ». Le matin-même, Babcia avait appelé à la maison pour cela.
C. lui disait : « - Mais je suis le parrain » et il lui expliquait nos liens de parenté »
Réponse du directeur : « - Non, tant que je serai ici Monika restera là : « la sécurité sociale paiera ». Il m’a gardée. J’ai compris plus tard qu’il voulait me garder parce que cela leur rapportait beaucoup d’argent.

*

Juste après, il m’a fait croire que ma famille était partie pour m’abandonner. Tout de suite, j’étais folle de rage : « Ah non ! Pas du tout Monsieur, ils sont partis pour se soigner. J’ai de ses nouvelles. Ils m’appellent toutes les semaines. Je les ai souvent au téléphone. »
Alors il écrit à mes parents qu’il veut les voir. Il m’a obligée à faire une lettre. En marquant dessus pour mes parents « Pourquoi vous m’avez abandonnée ? ». Je ne voulais pas. L’éducatrice m’a forcée à faire cette lettre. J’étais malheureuse, je ne dormais pas la nuit, je n’arrêtais pas de pleurer. *

Mon amie S. a réagi dès le début quand elle a entendu comment on traitait ma famille. La seule en qui j’avais confiance parce qu’elle nous connaissait véritablement. Elle savait comment maman l’accueillait, elle et ses sœurs. Les autres me maltraitaient.

***

Les gendarmes à la maison

Vient la fin mai. Cette semaine-là nous n’avions pas école le lundi.
Le mardi il n’y a pas eu de car. Le chauffeur de l’institut venait souvent nous chercher à notre domicile. Même quand on refuse d’y aller, ils viennent. Plusieurs fois ils sont venus me chercher de force. Depuis longtemps je ne voulais pas aller à l’école le lundi matin. Il y avait des filles très déséquilibrées et je ne voulais pas leur ressembler, je ne voulais pas aller avec les psychiatriques.
Les gendarmes étaient déjà à la maison à huit heures du matin et il y en avait beaucoup. Cela me faisait peur. J’ai vu leurs camions et leur chien. Ils voulaient tout fouiller. Ils voulaient amener C. et G. à la gendarmerie. G. leur a répondu : « Nous n’irons pas tant que Monika sera là, car on nous l’a confiée. Et on reste jusqu’au bout ! ».
Avant le départ pour l’institut, quand j’ai su cela, comme tout le temps, j’étais en pleur. Je pleurais dans les bras de G, ; je ne voulais pas aller à l’école. Je ne savais pas que je ne reverrais pas la maison. Les gendarmes avaient interrogé le conducteur, pour savoir si on venait me chercher chaque fois.
Dans le car se trouvaient trois filles qui ont toutes vu la scène. Ils ont raconté à toute l’école que les gendarmes étaient venus chez nous ce jour-là. Après, toutes les filles ont recommencé à être méchantes envers moi une fois de plus. Tous me surveillaient, m'insultaient et me dénonçaient au directeur.
Pendant toute la journée, les policiers sont restés seuls avec mamie, de 87 ans, et ils l'ont maltraitée. Depuis ce choc, elle a le cœur très malade. Elle s'était occupée d'un prêtre pendant 45 ans. Elle n'a pas supporté de voir la maison et les meubles cassés par eux ni d'être traitée de secte.
Depuis ce jour, j'ai peur de la police.

***

« Emprisonnée »

Le vendredi suivant, comme chaque vendredi, je monte dans le car.

La conductrice avait un papier à la main, avec nos noms de famille, où, ce vendredi, il n’y avait pas le mien. Elle m’annonce en me regardant qu’aujourd’hui elle ne me prenait pas.
 « - Pourquoi ?
    - Va voir la dame de l’accueil ! »
A l’accueil on m’a répondu : « - Va voir le directeur ».
J’entre dans son bureau et je lui demande pourquoi je ne suis pas inscrite sur le papier.
 « - Parce que cet après midi j’ai eu un coup de fil de la DDASS et une lettre du juge. » La lettre lui disait qu’il ne fallait plus que je rentre chez moi.
 Je lui ai demandé : « - Et pourquoi je ne rentre plus chez moi ? »
 Il m’a fait croire que ma famille était partie pour m’abandonner. Le calvaire commençait pour moi.
 Tout de suite j’étais folle de rage : « - Ah non ! Pas du tout, Monsieur. Ils sont partis pour se soigner. » J’ai de leurs nouvelles. Ils m’appellent toutes les semaines. Je les ai souvent au téléphone. (Quand Maman partait se soigner, avec mon frère, nous allions passer nos vacances près d’elle.)
  Alors le directeur m’a interdit de téléphoner ou d’écrire à la maison.

Je ne savais pas qu’ils me faisaient passer pour une psychiatrique pour me prendre à ma famille et m’envoyer à la DDASS.

*

D’abord ils m’ont mise dans un foyer. Le directeur de l’institut m’a accompagné. C’était un foyer mixte. Il m’a dit : « - Vous irez dans ce foyer le week-end pendant qu’on vous cherche une famille. »
La semaine je revenais à la « cage-piégée ». Mais plusieurs restaient au foyer pendant la semaine. Certaines filles y sont allées avant d’aller à l’institut.
La première nuit, j’ai eu du mal à m’endormir. Et, après, on m’a fermée à clef. Ils m’ont donné des médicaments. J’étais souvent somnolente la journée. J ‘y ai passé au moins trois week-end, jusqu’à la fin de l’année scolaire.

*

Un mercredi après midi, une assistante sociale est venue me chercher pour m’emmener visiter la famille d’accueil. Tout au début, ils m’ont bien reçue. C’était un petit village après la sortie de Fussy.
Ils avaient trois enfants à eux et une toute petite de deux ans et demi confiée à la DDASS. Mais la maman venait très souvent la voir et la prendre pour la journée. Je me disais qu’elle avait plus de chance que moi, mais elle n’était qu’un bébé, elle ne se rendait pas compte. Elle appelait la femme "tatie".
La DDASS venait me rechercher le vendredi à trois heures pour me ramener régulièrement dans cette famille tous les week-ends. Pendant la semaine je continuais à être à l’institut « cage-piégée ».

*

Je demandais tous les jours au directeur de l’institut s’il avait des nouvelles de ma famille et il me répondait : « Non, pas de nouvelles. » Il les avait souvent au téléphone, il ne me les passait pas. Pire, il ne me le disait même pas.
Je ne savais pas que maman me téléphonait, qu’elle m’avait écrit.  Je ne savais pas que Catherine m’avait envoyé une merveilleuse carte postale de la part de maman. Tout le monde avait essayé. Je ne savais pas qu’une amie de notre famille m’avait écrit.  Aucune fois je n’ai reçu quoi que ce soit.
Et ma famille ne savait pas où on m’avait mise.

*

Un lundi que nous ne voulions pas aller à l’école, nous en avions tellement assez de l’institut, avec S. on s’est dit : « -Tiens, pourquoi n’irions-nous pas nous promener en ville ? Nous reviendrions un peu plus tard à cage-piégée avec un bus…  Le car de cage-piégée était en ville lui aussi pour aller chercher une autre fille. Quand il nous a vues, il nous a prises. A notre arrivée, le directeur éducatif nous a fait demander dans son bureau : « - Mademoiselle S., je ne vous félicite pas, et vous, mademoiselle M., si vous n’étiez pas rentrée, on aurait appelé la DDASS. Nous n’arrêtions pas de rire. On se disait qu'il n'aurait pas le dernier mot.
Une amitié vraie au milieu de tout cela.

*

Quand je revenais le soir dans la famille d’accueil, je leur disais bonjour, ils ne me regardaient et ne me répondaient même pas. Je n'avais même pas le droit de chanter. Vous appelez cela une famille ? Alors j’ai pensé tout de suite à la maison, où tout le monde me répondait avec le sourire et en m’embrassant. Là où nous avions appris les bonnes manières… - et, d’un seul coup, me voilà plongée au milieu de la grossièreté.
Dans cette famille-là, j’étais la bonne. La mère me faisait faire le ménage. Pendant que les enfants s’amusaient, faisaient du cheval, regardaient la télé, j’étais toujours entrain de travailler. Le père n’avait que des gros mots à la bouche. Il hurlait sans cesse : sur sa femme, même sur ses enfants, sur moi…Les enfants m’envoyaient eux aussi des gros mots et hurlaient sur moi, surtout le garçon.
Quand ce n’était pas l’institut, c’était cette famille, ma tête était remplie de hurlements.

***

Le premier choc

L’homme ne travaillait pas, il ne faisait rien du tout, mais je ne m’étais jamais encore trouvée seule avec lui. Je n’aimais pas trop sa tête. Bien avant, la femme m’avait raconté qu’on leur avait déjà retiré les enfants recueillis parce qu’il y avait eu des problèmes. C’était la première fois qu’ils accueillaient une jeune fille. Auparavant, ils avaient eu des enfants plus jeunes.
Un jour, la femme est partie avec son garçon et la petite faire des courses et les deux grandes faire du cheval, parce qu’il faisait un superbe soleil, - c’était l’été. Je suis restée à la maison avec Mr D. B. Car je ne me sentais pas bien. Je suis partie m’allonger sur le lit avec un livre à la main. Ma porte était entre-baillée.
. Il entre.
. Il me demande ce que je lis.
- Je ne lui réponds pas.
. Il vient s’asseoir près de moi.
- Je me demande ce qui se passe.  Je commence à avoir peur, à vouloir me relever.  
. Il me tient très fort mes deux mains avec sa poigne. Il essaie de me plaquer au lit comme il peut.
. Il a tenté d’abuser de moi.
- Et, au moment où il allait y arriver tout à fait…, on entend un bruit de moteur. C’est la voiture de sa femme.
. Là, il me regarde et il menace : « - Ne dis rien sinon je te ferai plus de mal. »

*

Le tribunal qui m’a envoyé chez cet homme a trouvé comme prétexte pour ne pas me défendre que je ne me souvenais pas du jour exact. Ils n’avaient qu’à faire une enquête, au lieu de laisser courir les bandits. Quand on ne voit plus sa famille depuis un certain temps et qu’on est « en prison », comment voulez-vous que je me rappelle du jour exact ?
Après, je ne voulais plus m’approcher de lui, à table, ou sur le canapé pour regarder la télé, par exemple. En moi-même, du dégoût, je tremblais de peur ; je n’arrêtais pas de pleurer à cause de cela quand personne ne me voyait. Je n'avais plus confiance en personne. J’essayais de penser à Dieu, à tout le bonheur que j’ai eu avant et à ma famille. J’étais tout le temps triste. Je ne pouvais même pas montrer de mauvaise humeur. Tout de suite j’avais les autres sur moi.
Où trouver de l’aide ?

*

Je continuais à prier. Je n’avais pas d’argent de poche. Je pensais à m’évader. Que je prenne le car comme d’habitude mais descendre à un autre endroit, par exemple. Toutes les semaines j’imaginais comment. J’avais peur que quelqu’un m’oblige à faire demi-tour. Cela me rongeait l’esprit. Mais j’espérais toujours en ma famille. Je savais qu’ils ne me laisseraient jamais tomber.
Quand j’étais sur mon lit, depuis le début et jusqu’à la fin, chaque fois que je me sentais triste ou que quelqu’un me faisait du mal, je regardais les photos de ma famille. Même si ce n’était pas facile d’être loin de mes parents, même si les autres cherchaient à me décourager et à me faire croire que mes parents étaient partis et ne me voulaient plus, elles me donnaient de la joie et me rendaient espoir. Et, tous les soirs, je regardais la photo de maman en lui souhaitant une bonne nuit…

***

Le grand choc

Vers la fin des vacances, une fois, j’ai essayé de manquer mon car pour pouvoir appeler à la maison. J’étais avec une fille qui s’appelait L. Il lui restait encore un peu de crédit sur sa carte téléphonique. Elle me l’a passée.
. J’ai appelé la maison.
 . J’ai eu G.
. Quand j’ai entendu sa voix, tout de suite je me suis mise à pleurer parce que j’étais tellement émue de l’entendre. Je n’arrivais même pas à parler.
 . Il y avait ma cousine Elisabeth (J’ai reparlé de cela plus tard avec elle. Elle avait cru que c’était maman qui appelait).  
 . Elisabeth a pris l’appareil.
. Je lui ai demandé comment allaient maman, Babcia et la famille.
 . Elle répond : - Mais tu ne sais pas… Pour Babcia, ils ne t’ont rien dit ? (Là j’ai su que ma famille avait téléphoné sans résultat à l’institut.)
. « - Mais dis-moi ! »
 . Alors elle m’a annoncé la terrible nouvelle de la mort de Babcia.
. Quand j’ai raccroché je me suis mise en pleur.

En rentrant, le directeur éducatif m'a appelée dans son bureau, il m'a dit : " – Si vous n'étirez pas rentrée, on appelait la police et le juge. En même temps il criait sur moi (en me crachant dessus) et il m'a tordu mon bras malade.

J’avais cru pouvoir trouver un secours en téléphonant en cachette à la maison. Mais, lorsque j’ai appris la terrible nouvelle, tout est reparti à zéro, comme quand ma première Grand-Mère est décédée. J’avais une deuxième fois perdu ma Grand-Mère. Mais, Babcia, je lui suis attachée plus profondément car c’est elle qui, avec maman, m’a enlevée de l’orphelinat. Elles m’ont tout appris et tout donné.

*

Quand j’ai raconté cela à L., cette camarade était folle de colère. Elle traitait l’institut de tous les noms. Mais L. a dû raconter mon coup de téléphone à l’institut car le directeur D. C. m’a disputée en hurlant : « - Vous ne deviez pas appeler. » La DDASS n’était pas contente ni lui. Cruelles personnes !
Quand j’ai dit à cet homme : « Il paraît même qu’ils m’ont appelé plusieurs fois et que vous ne me les avez pas passés », il m’a répondu : « - Parce que je n’avais pas l’accord de la DDASS. »
Je lui ai raconté que ma Grand-Mère était décédée. Je n’oublierai jamais ce qu’il m’a dit avec une petite voix mielleuse : « On part tous un jour ou l’autre ». J’étais en larmes. Je lui aurais volé dessus car il était complice.

***

Voici la liberté de vivre !

Un vendredi soir, où j’attendais mon car pour aller à la famille d’accueil, deux personnes, une dame et un monsieur, se sont approchés de moi.
.  Ils m’ont appelé par mon nom et par mon prénom.
- Là, j’étais toute surprise parce que je ne les avais jamais vus ; quelqu’un qui ne me connaissait même pas et qui m’appelait par mon prénom ?
. Ils n’étaient ni jeunes ni très âgés. Ils m’ont souri avec beaucoup de gentillesse.
- Immédiatement, je les ai trouvés sympathiques.
. Ils m’ont dit qu’ils connaissaient depuis longtemps Babcia et aussi maman.
- Je suis très surprise. Mais je me recule aussitôt sans m’en rendre compte.
. Tout de suite, ils sentent ma méfiance. Alors la dame sort de son portefeuille une photo de Babcia et de maman que je reconnais aussitôt. Une photo déjà ancienne, qu’ils avaient gardée précieusement.
.. Pas besoin de paroles. En un éclair, en un regard, nous nous sommes compris, nous étions déjà complices.
. Ils m’ont demandé si je voulais revoir ma famille.
- Je leur réponds : « Oui, bien-sûr ! », j’en sauterais de joie.  
.. Nous avons fait connaissance.
. « -  Soyez prête, ne dites rien à personne et, vendredi qui arrive, rendez-vous même endroit même heure pour partir. »
.. Nous avions un petit moment entre le car de l’école qui nous portait à Bourges et celui de Bourges qui m’amenait à la famille d’accueil. Et ce petit moment a suffi.

Entre-temps je n’arrivais plus à dormir à cause de l’émotion et de l’impatience. J’essayais de cacher ma joie et ma hâte. Même à S. je n’ai rien dit.

*

Le vendredi suivant, j’ai amené mes affaires auxquelles je tenais le plus : La photo de maman, des souvenirs de MA famille et des habits...
Quand j’aperçois la voiture, je m’approche vite. Le monsieur ouvre la portière, je monte dans la voiture.
Sa conduite est sûre mais décidée.  En moi-même je priais le bon Dieu que cela réussisse, que j’arrive bien et que ces personnes n’aient pas d’ennui. Je me sens en confiance depuis que j’ai vu la photo. Nous avons roulé d’une traite jusque tard dans la soirée.
Nous avons couché à l’hôtel. Quand nous y étions, la dame et le monsieur sont partis faire quelques courses et ils m’ont demandé de rester pour que personne ne m’aperçoive. Tout-à-coup, le téléphone sonne. Je décroche. J’entends : « Monsieur l’Ambassadeur… » Et là j’ai compris qui étaient ces personnes. Ils avaient beaucoup de classe. Je les aimais beaucoup.
A ma grande surprise nous passons les frontières sans difficulté alors que je n’ai pas mes papiers. Là aussi, je vois bien que je suis protégée par un diplomate.
Malgré les milliers de kilomètres de ce grand voyage, nous sommes très vite arrivés à une première destination.

*

Nous nous sommes arrêtés. J’ai remercié le Ciel parce que nous avions fait route sans ennuis et que tout s’était bien passé.
Nous couchions à l’hôtel. Mes nouveaux amis m’amenaient visiter de belles choses : un zoo, des musées, des cathédrales… Des semaines ont passé. Ils cherchaient à me distraire en attendant le moment favorable à mon arrivée dans ma famille.
Il y a bien plus de six mois que je n’ai plus revu les miens...Tous les jours je priais pour que cela arrive vite. Quand j’étais à l’école, que je voyais passer les mois, l’un après l’autre, je me demandais si je verrais ma famille pour Noël.

***

« Le miracle de Noël. »

Enfin nous sommes arrivés dans une grande ville de Pologne. Nous nous sommes arrêtés près d’une cathédrale. C’était la veille de Noël. Le monsieur et la dame m’ont demandé de sortir de la voiture et de rentrer dans cette cathédrale. Nous nous sommes embrassés. Ils m’ont souhaité : « Swiant Bojego Narodzenia » un joyeux Noël !
Tout de suite je me suis mise à genoux près du Saint-Sacrement en remerciement. Là je prie, je prie, je dis mille fois merci. Tout-à-coup, par derrière, j’entends une petite voix qui m’interpelle. Cette petite voix, je l’ai reconnue, c’était maman. Nous nous sommes embrassées comme si c’était la première fois. Comme si un deuxième rêve se réalisait.
A la sortie de la cathédrale, je suis impressionnée et surprise. Il y a toute ma famille, mon frère Daniel bien sûr, des parents et des amis de maman, avec de très nombreux journalistes. Ceux-ci nous photographiaient et nous filmaient. Ils m’ont photographiée dans les bras de ma cousine Elisabeth qui pleurait.
Pendant mon séjour, je partais dans le parc ou en ville faire des courses. Je demandais pourquoi tout le monde me regardait. On m’a dit : « Parce que tu es dans le journal » et on me l’a montré.  Le titre de l’article : « Le miracle de Noël. » Je remercie les journalistes Polonais d’avoir parlé dans cet article des cruelles souffrances que ma famille a subies en France et des miennes. Ils m’ont appelée « Malenka Moniczko », ce qui veut dire « chère petite Monika ». J’en suis très touchée.

***

Le jour de la Sainte Monique

Quand je suis entrée dans l’appartement, le sapin était déjà décoré.  Les guirlandes sur le sapin, sur les fenêtres et les meubles. Les bougies. Les bottes du Père Noël en tissu pour y mettre les cadeaux. Le bonheur d’être de nouveau en famille.

*

Mais maman était toujours entrain de pleurer. Elle me raconte les derniers moments de Babcia et comment s’est passé l’enterrement. Elle m’apprend que Babcia est morte le jour de la Sainte Monique en m’attendant.
En même temps, j’étais profondément touchée d’apprendre que Babcia répétait chaque jour à maman combien elle m’aimait « - Et moi j’aime ma petite fille » Chaque jour elle demandait : « - Ma petite fille, où est-elle ? ». Et Maman, pour ne pas aggraver son mal, lui laissait entendre que j’allais arriver.

*

En même temps je pleurais de n’y avoir pas été. Papa avait téléphoné à l’école avant son décès, en demandant l’autorisation que je vienne lui rendre visite et, s’ils ne voulaient pas me laisser aller seule, que les gendarmes m’accompagnent mais que je puisse être là pour les derniers moments. Il faut savoir que, dans les familles polonaises, les enfants assistent à toutes les choses de la vie.
Il avait téléphoné aussi pour me faire savoir son décès. Cela me fait mal de penser qu’il y avait à son enterrement des personnes qui ne la connaissaient pas - et moi, sa petite fille, je n’ai pas pu y aller ni la voir une dernière fois. Les Français ont été cruels de m’avoir refusé de voir ma grand-mère. Ils n’ont eu aucune pitié pour elle car elle m’attendait jusqu’à son dernier souffle. Ils n’ont eu aucun respect pour notre famille.
Quand j'étais en Pologne, je faisais des cauchemars. Tout ce qu'ils m'ont fait à "cage-piégée m'est revenu.

*

Maman m’a aussi raconté tout ce que Babcia a souffert avant de mourir.
Elle avait pardonné à toutes les personnes qui l’ont persécutée au stade terminal de son cancer, comme Jésus a pardonné lui-aussi : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».  En écrivant, je revois cette séquence du film « Jésus de Nazareth ».  
Elle est morte comme le Christ le vendredi à trois heures, heure française, le vingt-sept août mil neuf cent quatre-vingt dix-neuf.
Au moment où elle est décédée, elle embaumait de parfums de roses. Le médecin qui était là s’est reculé, il a senti que ce n’était pas quelqu’un comme les autres… La dame qui l’a lavée a senti aussi les parfums, elle a dit : « Je ne suis pas digne ».  
Ma Grand-Mère est une très grande sainte.

*

Depuis que j’ai su où était le cimetière, j’allais tous les jours lui rendre visite avec des bougies. En Pologne, sur les tombes, on allume de petites bougies. La nuit, c’est très joli. Si on n’a pas le temps de les acheter, devant chaque cimetière il y a des vendeurs.
J’y allais à pied. L’hiver, il faisait froid, il neigeait, mais je ne manquais jamais. Le matin, je commençais ma journée par cela. Rarement je prenais le bus, quand nous étions pressés.
Je restais pendant des heures. Je priais, je lui changeais les fleurs, je regardais sur la plaque les dates où elle est née et décédée. Je lui parlais sans cesse, si ce n’était pas au cimetière c’était quand j’étais toute seule.

Plusieurs fois j’ai eu des rêves d’elle. Je la vois comme une vraie personne, même si, dans le rêve, je sais bien qu’elle est décédée. Quand j’ai besoin de quelque chose, je la vois, je sens sa présence. Et j’ai des signes d’elle. Elle est toujours là pour me protéger. Quand j’ai besoin d’un conseil ou de savoir quelque chose, je lui parle. Comme si elle était là.

***

Le cauchemar continue

En Pologne, plusieurs fois je suis allée voir des médecins et des psychologues. Ils ont dit que tout ce que l’école avait fait croire sur moi était faux : Ils m’ont trouvée tout à fait normale en dehors de mon hémiplégie.
A mon retour en France, un Dimanche nous regardions la messe polonaise à la télévision. J’étais dans le canapé. Plusieurs personnes de la famille étaient là. J’ai eu mes premiers troubles. On m’a dit que c’était de l’épilepsie. Je ne me rappelle de rien car, après les crises, on ne se souvient de rien. Quand je me réveille, je me demande où je suis, parfois c’est à l’hôpital. J’ai très mal à la tête, je me sens bizarre. Maintenant cela peut m’arriver même quand je me sens trop joyeuse.
Quand j’étais enfant, on avait dit à maman que je risquais de faire de l’épilepsie mais qu’il n’était pas sûr que j’en fasse. Mais j’ai eu deux chocs. D’abord ce qui s’est passé dans la famille d’accueil. Ensuite quand on m’a annoncé la terrible nouvelle sans que je l’aie su avant et sans l’avoir vue : c’est horrible : je n’aurais jamais cru que cela puisse se passer de cette manière.
Depuis que j’ai ces crises, je prends des médicaments, moi qui, d’habitude, n’en prenais jamais.
Vers la fin, Babcia était tombée et à cause de cela elle aussi avait eu de l’épilepsie.

*

Nous sommes restés quelque temps en Pologne et nous sommes revenus en France à cause du juge. Il voulait que maman vienne.
Maman est restée tout un jour à Bourges au tribunal. Je ne sais pas ce qu’ils lui ont fait. Mais, quand elle est revenue, elle était toute en larmes. Ils l’avaient martyrisée. En même temps j’étais mal de n’avoir pu être avec elle quand cela s’est passé. Et en même temps je me sentais mal de ce qu’on lui a fait subir.

Pour revenir, nous avions voyagé toute une nuit et nous étions arrivés le matin. Pendant le voyage, je n’arrivais pas à trouver le sommeil en pensant à ce que j’allais ressentir quand je reverrais la maison sans Babcia pour nous accueillir. Elle n’étant pas là, cela me faisait comme s’il n’y avait plus personne.
De retour à la maison, je voyais sa fenêtre fermée. Je repensais aux jours où je la voyais par cette fenêtre et j’étais triste de ne plus pouvoir faire comme avant.

Au retour, les gendarmes m’ont convoquée. Ils me posaient des questions. Comment j’étais arrivée à retrouver ma famille. Cela ne les regardait pas.

Bien qu’en arrivant nous étions tristes, d’un autre côté j’étais contente de retrouver ma maison d’enfance où j’ai fait mes premiers pas.
Mais, tous les quinze jours, j’allais avec maman chez les gendarmes. Elle devait pointer, signer sur un cahier. Elle ne devait pas quitter le coin. Elle ne pouvait plus aller à l’étranger.
Je la suivais partout. J’avais tellement peur de quelque chose... que les gendarmes lui disent qu’ils la gardent. Il s’est passé tellement de choses que, maintenant, je ne suis plus rassurée comme avant. Quand elle part, j’ai peur qu’il lui arrive malheur.
Depuis cette époque, elle doit pointer comme une véritable criminelle, alors qu'elle n'a fait que donner du bonheur à tout le monde.

*

J’ai dû aller en plusieurs endroits pendant quelques mois. Parce que, maintenant, ils cherchaient à nous reprendre. Et parce qu’ils savaient que j’étais revenue. Au début, je ne pouvais avoir de nouvelles de maman sinon on nous espionnait.
Ensuite, je suis restée quelques temps chez des personnes de notre famille.  Puis j’ai pu revenir avec maman.
On était tous dispersés parce qu’ils voulaient nous reprendre. Depuis qu’il y a eu ces histoires, il fallait qu’on parte de la maison. Faire ses valises et changer d’endroit. Pourquoi ? Parce que les francs-maçons gouvernent ?

Maintenant que nous avons eu avec nous le petit, c’est un véritable problème de ne plus avoir les allocations familiales depuis cinq ans.

***

JE VOUS SUPPLIE DE NOUS AIDER

Avec le bonheur qu’on a eu, je ne savais pas ce qui m’attendait. Je n’aurais pas cru que tant de mal se passerait et qu’il soit si lourd à supporter. D’un seul coup, un horrible homme vient et nous détruit -  après tout ce qu’on a fait pour lui ! Je ne sais pas, si on lui avait fait le même mal, comment il réagirait. Voilà le remerciement qu’il nous a donné.
J’ai retrouvé ma famille, je suis heureuse. Mais, en même temps, ma Grand-Mère me manque terriblement. Et je ne pourrai jamais oublier tout ce qui s’est passé, ni le malheur ni comment cela s’est terminé.
Le bandit qui a écrit le livre sur nous continue à faire du mal à d'autres familles qui l'ont aidé. Dans les instituts pour enfants en difficulté, les mensonges et les horreurs n'ont pas cessé. La DDASS continue à placer les enfants dans des familles où ils seront maltraités.
Comme elle donnait tout, ma Grand-Mère n'avait pas d'argent pour soigner son cancer ni ses dents. Les personnes qui font du bien, on les emprisonne, on cherche à les faire mourir. Par contre, les méchants, on les laisse en liberté. Croyez-vous que ce soit normal ?
Il est facile d'attaquer des personnes malades et qui ne savent pas se défendre, ces personnes pleurent sur tant de méchanceté et d'injustice.
Je m’adresse en particulier à toutes ceux pour qui cela s’est passé pareil et à toutes les familles qui ont beaucoup de bonheur. Vous devriez comprendre. Comprenez-vous notre douleur ? Pourriez-vous invoquer, prier pour toutes les familles qui ont vécu cela et toutes les familles qui risquent de perdre leur bonheur ? Invoquez ma Grand-Mère, elle vous guidera. Nous espérons que la même chose ne vous arrivera pas.
Aussi, si à une famille arrive pareille catastrophe, comment réagira-t-elle ?
Si vous nous comprenez, je vous supplie de nous aider. Nous avons déjà des amis qui nous soutiennent. J’ai confiance en vous, que vous allez le faire. Nous serons plus nombreux.  Ma Grand-Mère vous aidera.
Je crois que le bon Dieu va venir à notre secours et empêcher les méchants de continuer à faire du mal à nous et aux gens qui nous aident.

*

A ma Grand-Mère

Ma dernière parole est à dire à ma Grand-Mère : « -  Babcia, j’ai hâte que Tu reviennes, très, très vite. Nous T’attendons tous avec impatience. Il me tarde de Te revoir pour te dire bonjour à travers ta fenêtre ! »

  Terminé le 27 août 2004
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"LE BONHEUR SACCAGÉ" - par Monika, le petite-fille hanbdicapée adoptée de Madame Andrée Renoncé-Chazaux ...
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