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 PMA et GPA : le débat commence chez les parlementaires ...

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Hercule
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Date d'inscription : 16/08/2017

MessageSujet: PMA et GPA : le débat commence chez les parlementaires ...   Dim 24 Juin 2018 - 8:10

PMA et GPA : le débat commence chez les parlementaires ...

Le 20 juin, la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la république tenait une réunion conjointe avec la commission des Affaires sociales sur les questions de bioéthique : « Procréation et société ». La question tourne autour de l’ouverture de la PMA et de la GPA aux femmes de même sexe et, par extension, à tous. Les intervenants sont partagés, 3 pour et 3 contre, comme si tout se valait :

Mme Irène Théry, sociologue (avis plutôt favorable à l’ouverture de la GPA/PMA, auteur en 2014 du rapport filiation origine parentalité)
Mme Sylviane Agacinski, philosophe (défavorable)
Mme Dominique Mehl, sociologue et directrice de recherche au CNRS (favorable)
Mme Aude Mirkovic, maître de conférences en droit privé à l’Université d’Evry (défavorable)
René Frydman, gynécologue-obstétricien (favorable sous certaines conditions d’éthique)
Jean-Pierre Winter, psychanalyste (défavorable)
La présidente, Mme Bourguignon, commence par rappeler qu’il s’agit d’une table ronde, non pas destinée à l’exposition des convictions des intervenants, mais bien à la possibilité de formation d’opinion éclairée et c’est pourquoi, dans un souci d’équilibre des opinions, les intervenants sont plus nombreux qu’auparavant.

René Frydman, qui connaît la PMA depuis une quarantaine d’années, commence par relater une dynamique : l’évolution de la société entraine une demande et un désir d’enfant plus tardif. Or, la fertilité diminue avec l’âge. Ainsi, l’âge moyen d’une PMA à l’heure actuelle est de 38 ans. Dès lors, il est nécessaire de lancer une campagne de prévention, à l’image de celle faite pour le cancer du sein, pour informer les femmes. Le problème central de la PMA , actuellement au nombre de 90 000 en France par an contre 1 millions en Chine, n’est pas assez efficace puisque près de 60% des embryons ne se développent pas durant la procédure. La congélation des embryons, qui pose d’ailleurs des problèmes éthiques, est la solution utilisée couramment et ne permet pas un développement optimal des embryons. Il faut donc ouvrir la possibilité d’auto-congélation des ovocytes pour les femmes et, n’en déplaise aux associations militant contre, débattre sur le sujet plutôt que de l’évincer. Dernier point : pour ce qui est du don d’ovocytes et de gamètes, les centres privés français ne peuvent pas faire de campagnes d’information locales. Il faut revisiter le système de dons d’ovocytes sans tomber dans les travers de deux principes éthiques fondamentaux : ce qui est proposé ne doit pas être délétère à quelqu’un (enfant, parent ou intermédiaire) et le commercialisation du corps n’est pas envisageable.

Sylviane Agacinski développe un point de vue éthique et juridique car on ne peut pas séparer les deux. La procréation, n’est pas un droit, du type créance, mais une liberté pour tous. La maternité n’est pas que biologique, la femme n’est pas qu’une gestatrice agréée. Du point de vue du droit, la convention dans la GPA, qu’elle soit onéreuse ou gracieuse, n’est rien d’autre que la remise de l’enfant par la mère qui l’a mis au monde. Or il s ‘agit de personnes et non pas des choses sur lesquelles on peut exercer un droit de propriété. En conséquence, ni femmes enceintes, ni enfant, ni accouchement ne peuvent être vendu et d’ailleurs pas d’avantage donné. C’est une façon de masquer le marché actuel. Faut-il réguler ou interdire ce marché ? Plus de régulations rendraient-elles le marché plus éthique ? Non, l’enjeu de la question est de savoir si la filiation est un droit familial qui peut devenir un droit patrimonial et donc si un enfant peut être cédé à autrui. Les individus qui reviennent de tourisme procréatif, en voulant interdire la loi par l’inscription de leur enfant au code civil, représente une situation invraisemblable. Ils disent le faire au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant : est-ce bien de l’intérêt de l’enfant de naitre de cette façon ? Leur intérêt est juste de ne pas être pénalisé, eux qui sont déjà victime des conditions de leur naissance. La jurisprudence que plusieurs cas ont fait ont incité au tourisme procréatif. Le législateur devrait donner le titre de tuteur aux femmes qui portent des enfants pour d’autre à l’étranger et ne pas désigner les parents commanditaires comme parents légaux comme si rien ne s’était passé. Le conseil constitutionnel a d’ailleurs rappelé la nullité juridique de la GPA et a déclaré qu’il fallait réprimer de telles pratiques. Le prochain assaut contre le droit civique va être de dire que la mère de naissance n’est pas nécessairement la mère. On arrivera un jour peut-être à dire que la filiation est une construction artificielle qui dépend du bio-marché.

Irène Théry rappelle que « les moments pour faire l’histoire » sont rares et qu’on a là une possibilité de le faire pour les familles issues de don. Elle entame sa prise de parole en rappelant qu’il existe trois manières de faire une famille, c’est-à-dire de créer l’engagement des parents avec le statut qui en découle : par procréation charnelle, par adoption ou engendré par un tiers donneur. Cette troisième voie n’est ni une procréation ni une adoption. Or, aujourd’hui en France, on organise ces familles sans les reconnaître ce qui appelle une remise en cause de l’organisation juridique. Elle fait l’analogie avec les avancées réalisées il y a 20 ans pour les familles adoptives et propose de « faire une place au soleil aux familles engendré par un tiers donneur dans le paysage des familles ». Il y a toujours eu en France, depuis les années 1970, deux PMA : une thérapeutique (qui représente 95% des cas) et une PMA avec don proposée en cas d’échec. C’est une coopération entre un couple en mal d’enfants et une personne tiers désireuse d’aider. Le véritable problème réside dans l’organisation que l’on fait de ces familles avant de tout faire pour les cacher (9 enfants sur 10 nés d’un don ne le savent pas). Dès lors, la filiation entre parents et enfant, qui n’est pas réservée aux couples hétérosexuels, doit être sécurisée, aussi bien pour les enfants nés en France que ceux de GPA à l’étranger. Tout cela doit se faire dans le respect de chaque personne : l’enfant doit avoir le droit à l’origine donc de savoir à 18 qui est son géniteur et le géniteur peut avoir le droit au secret s’il le veut.

Dominique Mehl se place dans l’hypothèse de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes et notamment aux femmes célibataires. Ces mères célibataires peuvent l’être devenue par choix ou par recherche de donneurs sur internet bien que cette possibilité soit périlleuse. Ainsi, les mères célibataires désireuses de PMA se rendent en Espagne ou en Belgique. Les raisons sociales de cette entrée en maternité solitaire (elles se définissent comme des mères-solos et non pas des mono-parents issus d’un divorce) sont le retard de l’âge de la maternité et les conditions de leurs propres conjugalités. Ce sont des femmes qui ont vécus les aléas de conjugalité contemporains avec des relations sentimentales très fortes et exigeantes mais qui se défont très rapidement même avec un enfant. En conclusion, c’est le couperet de l’horloge biologique et la conjugalité moderne qui explique cette demande, sans être toutefois un rejet de la conjugalité. C’est une cause fragile qu’il faut défendre et un phénomène de société qui va se développer.

Aude Mirkovic s’intéresse à l’ouverture de la PMA aux célibataires et couples de femmes. Elle rappelle que la loi poursuit, jusqu’à présent, un principe biologique pour éviter le passage d’une maladie ou pour raison thérapeutique. Cette ouverture de la PMA conduirait à exclure les hommes. Cette exclusion aurait comme conséquence l’institutionnalisation dans le loi de l’absence de père. Or, l’article 7 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant accorde à tout enfant le droit à un nom, une nationalité et à la connaissance de ses parents ainsi que le droit d’être élevé par eux dans la mesure du possible. Par ailleurs, un sondage paru dans La Croix réalisé par l’IFOP en 2018 nous apprend que 93% des français considèrent que le père a un rôle essentiel pour l’enfant. Cette ouverture serait donc une bombe juridique car les enfants demanderaient des comptes. Cette ouverture signifierait aussi la gratuité du don de gamètes, par le manque de gamètes disponible, autrement les prix exploseraient. Par ailleurs, si on renonce au critère thérapeutique, c’est la PMA pour tous, y compris les couples hétérosexuels fertiles, vers laquelle on se dirigerait, ce qui est le véritable marché recherché pour programmer les caractéristiques des enfants. Le vrai problème réside dans la filiation et non pas la bioéthique. Actuellement, l’article 7 du code civil intègre la filiation de procréation dans la filiation de droit commun, toujours entièrement fondée sur l’engendrement de l’enfant. Le schéma avec deux femmes ne rentrant pas dans ce cadre, cela suppose une refonde totale du droit français, qui exige un projet de loi de grande ampleur.

Jean-Pierre Winter s’intéresse à la généalogie de la famille, la filiation et la connaissance de leur filiation des enfants. De son expérience de psychanalyste, il estime que la généalogie trouée change le rapport au savoir des enfants : ceux qui connaissant entièrement leur généalogie apprennent mieux. De plus, réduire la fonction paternelle à une fonction spermatozoïde est une grosse erreur ! La filiation consiste à savoir qui est son père, et, même si on ne le connait pas, elle consiste à savoir qu’on avait un père, qu’on a un père. Pour ne pas donner le nom d’un père non voulu à un enfant, on pourrait lui donner le nom de son père, ce qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses. « L’armature psychique se construit sur le squelette généalogique ».

Les questions des députés peuvent se résumer ainsi :

Les élus LREM se demandent comment il est possible de prohiber le PMA /GPA pour tous après avoir ouvert le mariage à tous, ils défendent un droit à la maternité et la fin des inégalités socio-économiques.
Les élus LR, quant à eux, s’interrogent sur la notion de filiation, qui est essentielle et inconditionnelle pour le développement de l’enfant.
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MessageSujet: Re: PMA et GPA : le débat commence chez les parlementaires ...   Mar 26 Juin 2018 - 12:34


États Généraux de la bioéthique 2018 : très large consensus des participants CONTRE la #PMAsansPère et la #GPA.




➡️ 80% des arguments postés contre la PMA et la GPA.

➡️ 90% des votes contre la PMA non médicale et la GPA.

Emmanuel Macron doit maintenant en tirer les conclusions qui s'imposent.
www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/05/03/01016-20180503ARTFIG00328-les-anti-pma-montent-au-creneau.php


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MessageSujet: Re: PMA et GPA : le débat commence chez les parlementaires ...   Mar 26 Juin 2018 - 12:47



"États généraux de la bioéthique : «Il ne faudrait pas tromper les Français»"

Emmanuel Hirsch met cependant en garde l'exécutif, qui devra honorer les attentes exprimées lors de cette consultation citoyenne :


FIGAROVOX/TRIBUNE - Emmanuel Hirsch se félicite de l'engouement suscité par les états généraux de la bioéthique, partout en France.
Il met cependant en garde l'exécutif, qui devra honorer les attentes exprimées lors de cette consultation citoyenne.


Emmanuel Hirsch est professeur des universités, directeur de l'Espace éthique de la région Île-de-France, et président du Conseil pour l'éthique de la recherche et de l'intégrité scientifique de l'Université Paris-Saclay.

Depuis la loi relative à la bioéthique du 7 juillet 2011, tout projet de réforme en la matière doit être précédé d'un débat public, organisé sous la forme d'états généraux. Le texte précise que «les états généraux réunissent des conférences de citoyens choisis de manière à représenter la société dans sa diversité. Après avoir reçu une formation préalable, ceux-ci débattent et rédigent un avis ainsi que des recommandations qui sont rendus publics. Les experts participant à la formation des citoyens et aux états généraux sont choisis en fonction de critères d'indépendance, de pluralisme et de pluridisciplinarité.» Rien à voir avec la démarche initiée par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) en janvier 2018, qui s'est fixé l'objectif d'organiser «une vaste consultation» portant sur une question davantage politique que bioéthique: «Quel monde voulons-nous pour demain?»

Or, et peut-être contre toute attente, les citoyens n'ont pas été en reste et ont largement répondu présents à l'appel.
Il convenait de franchir un cap et de ne pas limiter le débat aux questions bioéthiques d'ordre biomédical, qui sont en somme autant de sources de divisions à une heure où la société doit au contraire se rassembler tant les innovations technologiques nous interpellent et justifient une consultation large. Nous avons ainsi évoqué, pour ce qui nous concerne, les «nouveaux territoires» de la bioéthique, estimant nécessaire et passionnant d'intégrer l'intelligence artificielle et le traitement des données de masses aux discussions, élargissant ensuite le débat aux arbitrages relatifs à la régulation des évolutions scientifiques biomédicales.
L'heure n'est plus tant à défaire le passé qu'à nous tourner résolument vers les défis de l'avenir.
La phase de concertation publique, pour le moins brève, s'achève en avril. Sur le plan quantitatif, le bilan de la participation est très positif: les citoyens se sont investis massivement dans la réflexion. Si les contributions exprimées sur le site des états généraux de la bioéthique font apparaître de manière significative deux thématiques (procréation et société, prise en charge de la fin de vie), il serait hors de propos et probablement dangereux de ne retenir de ces débats que ces deux seuls sujets. Je crois que l'heure n'est plus tant à défaire le passé qu'à nous tourner résolument vers les défis de l'avenir, posés par la révolution numérique.
J'ai moi-même constaté l'engouement d'un public nombreux et assidu au débat sociétal, débat qui à tant d'égards conditionne le devenir de notre démocratie.

Que l'on ne se trompe, la société est mobilisée et réclame de s'approprier de nouveaux savoirs, avec un sens évident du bien commun et une conscience profonde de nos responsabilités au regard des générations futures. Je suis impressionné par l'adhésion du public rencontré au cours de nos débats, notamment à Sciences Po ou à la Mairie du 4ème arrondissement de Paris. La mobilisation a été forte, et cette exigence doit être comprise et respectée. Il ne faudrait pas tromper les Français.

Au cours de ces rencontres, qui ont permis d'aborder les thématiques émergentes et décisives des innovations scientifiques, ce sont les membres représentatifs d'une société qui a envie d'avenir, de sens, de solidarités et de responsabilités partagées qui ont exprimé avec des arguments de qualité leur vision d'un monde qu'il nous faut repenser, inventer ensemble. Leur expertise constitue une richesse qui ne devrait pas être négligée. Certains se demandent dès à présent s'ils ne seront pas déçus par les décisions ou les renoncements qui suivront ces quelques semaines porteuses de promesses.

Il me paraît indispensable d'accompagner avec attention et méthode la phase qui suivra ces états généraux. Certains nous posent déjà des questions et manifestent une certaine impatience, voire une suspicion à l'égard des instances publiques concernées. Quelle sera l'audience effective accordée aux synthèses tirées de ces rencontres en région? Comment seront analysées et prises en compte les nombreuses contributions rédigées par celles et ceux qui ont souhaité participer à la concertation nationale? La parole des experts aura-t-elle plus de poids que les nombreuses interventions, souvent brillantes, de citoyens qui demandent maintenant que leur parole soit entendue?

Au cours de ces dernières semaines, nous avons compris que l'acceptabilité de ces mutations sociales, politiques et culturelles tiendra pour beaucoup à la qualité de la concertation. Nous disposons de ressources au cœur de notre société. Il importe de le comprendre et d'être créatifs d'initiatives démocratiques dont on commence à saisir la valeur.
L'heure est désormais à la rigueur et au sérieux.

Le 29 mars 2018, le président de la République a proposé, dans le cadre d'une remarquable conférence donnée au Collège de France, «une stratégie pour la France en matière d'intelligence artificielle». Dans son propos éloquent qui consacrait la valeur accordée au rapport «Donner un sens à l'intelligence artificielle», le chef de l'État a évoqué certains des enjeux soumis à la concertation dans le cadre des états généraux de la bioéthique. Pour autant, à aucun moment cette initiative nationale n'a été évoquée. Alors que le CCNE avait souhaité qu'il soit notamment débattu de l'intelligence artificielle, avant même que ses conclusions soient présentées, c'est sur la base d'une expertise et d'un rapport que les choix politiques ont été déterminés en ce domaine. Certains s'interrogent sur cette méthode et sur ce qu'elle donne à penser du sort qui sera réservé aux états généraux de la bioéthique, voire à la révision de la loi. Ces doutes doivent être dissipés au plus tôt, afin de nous prémunir de toute désillusion ou déception dont on évaluerait mal les conséquences qu'elles pourraient avoir, dès lors qu'elles concernent notre attachement aux valeurs de notre démocratie.
L'heure est désormais à la rigueur et au sérieux ; plus encore, elle est au rassemblement et non plus au clivage.
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