FORUM APOCALYPSE ET PROPHETIES POUR NOTRE TEMPS

Ce Forum Catholique a pour but de commenter nos temps actuels, à la lecture des prophéties de la Bible, du livre de Daniel et de l’Apocalypse de St Jean, en les comparant avec les prophéties modernes.
 
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 La famille, un bien pour l’humanité ! ...

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Hercule
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Messages : 966
Date d'inscription : 16/08/2017

MessageSujet: La famille, un bien pour l’humanité ! ...   Mer 30 Aoû 2017 - 21:47


http://www.eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/la-famille/370312-la-famille-un-bien-pour-lhumanite-2/

- La famille, un bien pour l’humanité -

Préambule

Par la grâce de l’Esprit Saint, nous, les trente représentants de l’Église catholique et des Églises orthodoxes en Europe venus de pays situés entre l’Atlantique et l’Oural, nous sommes réunis à l’occasion du 1er Forum catholico-orthodoxe européen. Nous remercions tous ceux qui ont œuvré à la réussite de cette rencontre, organisée par le Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe (CCEE), en étroite collaboration avec les Églises orthodoxes et avec les Dicastères du Saint-Siège, et en particulier l’Archevêque de Trente, qui nous a accueillis chaleureusement et nous a offert son hospitalité.
Nous exprimons notre profonde tristesse pour la mort soudaine de Sa Sainteté Alexis II, Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, qui avait approuvé et béni le projet de ce Forum.

Le but de ce Forum n’est pas d’aborder des questions théologiques, qui sont traitées à un autre niveau. Notre tâche consiste plutôt à nous concentrer sur un certain nombre de questions anthropologiques qui revêtent une importance cruciale pour le présent et l’avenir de l’humanité. Le but de ce Forum est donc de nous aider à élaborer des positions communes sur ces questions sociales et morales. En nous engageant dans ces échanges de vues, nous nous aidons mutuellement à réaliser à quel point nos doctrines morales et sociales respectives sont proches. En même temps, nous faisons connaître nos sollicitudes au monde.

Nous sommes tombé d’accord pour dédier cette première rencontre au thème : « La famille, un bien pour l’humanité ». D’innombrables familles ont apporté leur contribution à la culture européenne. Nous leur exprimons notre gratitude et, dans notre prière pour les familles, nous nous souvenons tout particulièrement de celles qui connaissent des difficultés en ce moment.

Au cours de ces quatre journées passées ensemble, nous avons abordé différentes questions relatives au mariage, à la famille, et à la morale sexuelle. Une occasion pour proclamer et mettre en pratique notre foi, prier le Seigneur de nous combler de ses grâces, et réfléchir au moyen de collaborer davantage entre nous. Animés par l’amour du Christ pour l’humanité, nous avons réfléchi en particulier sur la famille, en reconnaissant les nombreux efforts accomplis pour promouvoir la vie de la famille dans notre continent, mais aussi en exprimant notre grave préoccupation devant la détérioration de la vie familiale, évidente dans de nombreux secteurs de la société.

Le mariage et la famille appartiennent à l’ordre créé, et ne sont pas seulement le fruit d’une décision humaine. Inscrite dans la nature même de l’homme et révélée à nous dans la Bible, la famille fondée sur le mariage a été établie par Dieu comme union entre un homme et une femme. La famille nous est présentée dans la Bible comme une communauté d’amour et de vie, unie par un lien indissoluble et ouverte à la vie.

La famille, un bien pour l’humanité, déclaration de Trente, 1er forum catholico-orthodoxe, 11-14 décembre 2008

Mariage et famille

Au cours de ces journées, nous avons entendu diverses interventions présentant le point de vue de l’Église catholique et celui de l’Église orthodoxe en Europe. En voici un résumé.
A. Point de vue de l’Église orthodoxe sur le mariage et sur la famille

Dans la tradition chrétienne orthodoxe, le mariage est considéré comme une union éternelle entre les époux, consolidée par une intimité à la fois physique et spirituelle. Contrairement à une croyance très répandue, l’Église orthodoxe n’appelle en aucune façon ses membres à éviter l’intimité corporelle ou sexuelle comme telle, considérant que les rapports physiques entre un homme et une femme sont bénis par Dieu dans le mariage, où ils assurent la continuité de la race humaine. D’après le magistère de l’Église orthodoxe, ces rapports purs et dignes, qui expriment un amour chaste, une communion totale à travers l’union de l’âme et du corps, sont conformes au plan de Dieu. En revanche, la réduction du corps à un objet de commerce et d’exploitation dégradante, à la recherche d’une satisfaction égoïste et souvent dépersonnalisée, sans amour et désordonnée, est condamnable.

Pour l’Église orthodoxe, un élément essentiel de l’union conjugale sont les enfants, fruits de l’amour entre un homme et une femme, dont la naissance et l’éducation constituent l’une des principales fins du mariage. C’est pourquoi elle juge inadmissible le refus délibéré de faire naître un enfant et l’interruption artificielle de la grossesse. L’avortement, assimilé à un homicide, est catégoriquement rejeté par l’Église orthodoxe, qui insiste sur la responsabilité personnelle de tous ceux qui prennent part à cet acte : la femme, l’homme (s’il donne son consentement) et le médecin.

En se basant sur la Sainte Écriture et sur la Tradition, l’Église orthodoxe condamne publiquement les relations homosexuelles, qu’elle considère comme une déviation de la nature humaine telle qu’elle a été créée par Dieu. En outre, elle rejette toutes les formes de fornication, adultère et infidélité conjugale, ainsi que la prostitution et la promiscuité. En même temps, elle reconnaît la nécessité d’offrir un accompagnement pastoral à ceux qui ont des inclinaisons désordonnées et un style de vie qui ne correspond pas à l’enseignement moral de l’Évangile.

B. Point de vue de l’Église catholique sur le mariage et sur la famille

Pour le magistère catholique, en accord avec le magistère orthodoxe, Jésus Christ a élevé le mariage naturel à la dignité de sacrement : « L’alliance matrimoniale, par laquelle un homme et une femme constituent entre eux une communauté de toute la vie, ordonnée par son caractère naturel au bien des conjoints ainsi qu’à la génération et à l’éducation des enfants, a été élevée par le Christ Seigneur à la dignité de sacrement ».

Le caractère sacramentel du mariage impose la fidélité des époux jusqu’à la mort et l’indissolubilité du lien matrimonial. L’amour conjugal des époux est à la base de la famille, communion de personnes au sein de laquelle l’être humain est né. La famille doit être soutenue par la société, dont elle constitue la cellule originelle. L’Église catholique reconnaît le lien inséparable, voulu par Dieu, entre les sens unitif et procréatif de l’amour conjugal. L’exclusion d’une progéniture est contraire à l’unité de l’amour conjugal. La sexualité, considérée comme une composante divine des êtres humains faits à l’image de Dieu, a donc une valeur personnelle. À travers le langage du corps, les époux apprennent leur vocation à l’amour responsable, comme don de soi. Les autres expressions sexuelles telles que la fornication, les actes homosexuels ou les rapports sexuels hors du mariage sont contraires à cette vocation à l’amour.

Mission de la famille

Après avoir précisé ces éléments du magistère de nos Églises, nous avons considéré tout ce que nous avons en commun. À cet égard, nous soulignons en particulier les points suivants, qui nous paraissent très importants pour le bien de la société.

A. Points communs fondamentaux

Le commandement fait par Dieu à la première famille humaine vaut aussi pour toutes les familles qui leur ont succédé au cours des siècles : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-là » (Gn 1,28). Catholiques et orthodoxes s’accordent à dire que la famille constitue le seul milieu moral où le don de la vie humaine devrait être transmis au moyen de l’acte conjugal.

L’être humain est le seul être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, d’où sa dignité particulière. Nous ne nous donnons pas la vie nous-mêmes, et les parents ne sont pas les seuls auteurs de la vie humaine, puisque l’intervention divine est nécessaire. Le caractère sacré de la vie humaine, depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, doit être pleinement respecté.

Nous saluons les documents internationaux constructifs en faveur de la famille. Par exemple, l’article 16 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui dit qu’« à partir de l’âge nubile, l’homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille » et que « la famille est l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’État ». Autrefois, la famille et la naissance des enfants étaient considérées comme quelque chose de sacré. Ces derniers temps, toutefois, elles sont remises en question. Une attaque est en cours pour modifier le langage et introduire des éléments ambigus dans les documents internationaux, tels que la notion d’« égalité entre les sexes ».

Aujourd’hui, l’homme et la femme sont engagés l’un comme l’autre dans la réalisation de leur potentiel professionnel. Tous deux assument la charge de la responsabilité économique de la famille. Dans ces conditions, les possibilités de mettre au monde des enfants et de les élever se sont réduites radicalement.

Un phénomène particulièrement dramatique s’est fait jour en Europe au XXe siècle. Du fait que les salaires ne permettent pas de nourrir une famille, des centaines de milliers de mères et de pères ont dû quitter leur famille, en émigrant dans un pays riche pour pouvoir subvenir aux nécessités de base de leur famille. Cela s’est traduit par une nette augmentation du nombre des divorces et par la souffrance d’un très grand nombre d’enfants, privés de la présence, de l’amour et des soins de leurs parents.

La conception laïque dominante dans la société contemporaine tend à dévaloriser la maternité, conçue comme une vocation personnelle. Nous, orthodoxes et catholiques, insistons sur le caractère sacré de la maternité, qui doit être respectée par les sociétés. Les mères qui restent dans leur foyer pour élever et éduquer leurs enfants doivent recevoir un soutien moral et financier. Leur mission n’est pas moins importante que celle des autres professions respectables. La maternité est une mission, et comme telle, elle doit faire l’objet d’un soutien et d’un respect inconditionnels. La paternité, elle aussi fondamentale pour la société, mérite d’être redécouverte par les sociétés d’aujourd’hui. On ne peut pas parler d’une société fraternelle sans la paternité.

B. Famille et éducation

« Le droit et le devoir d’éducation sont pour les parents quelque chose d’essentiel, de par leur lien avec la transmission de la vie ; quelque chose d’original et de primordial, par rapport au devoir éducatif des autres, en raison du caractère unique du rapport d’amour existant entre parents et enfants ; quelque chose d’irremplaçable et d’inaliénable, qui ne peut donc être totalement délégué à d’autres ni usurpé par d’autres ». L’éducation intégrale au sein de la famille vise non seulement à développer les dons et les talents naturels de l’enfant, mais aussi à leur présenter des valeurs spirituelles, en particulier à travers la transmission de la foi. Les parents doivent être les premiers témoins de l’Évangile. Dans la vie de famille, nous apprenons que la foi est la vraie lumière qui doit guider toute notre vie.

Le milieu le plus favorable à un développement harmonieux de l’enfant est la famille, composée d’un père, d’une mère, des frères et soeurs. Les organismes qui aident les familles dans l’éducation de leurs enfants doivent agir en collaboration avec les parents, en transmettant les principes et les valeurs dont les parents doivent demeurer les premiers responsables. Dans les milieux éducatifs, on entend souvent parler des droits des mineurs. C’est une bonne chose, mais ces droits doivent toujours être envisagés dans le cadre du contexte familial.

La question de l’éducation sexuelle mérite une attention particulière. Dans ce domaine aussi, les parents sont les premiers enseignants. Le but de cet enseignement est de former les jeunes à la signification de la vie matrimoniale : « L’éducation de l’amour comme don de soi constitue encore les prémisses indispensables pour les parents appelés à donner à leurs enfants une éducation sexuelle claire et délicate ». Dans la famille, où nous vivons notre première expérience de communion personnelle, nous sommes initiés à toutes les dimensions de l’amour : la famille est le premier lieu de socialisation personnelle. En outre, les parents doivent fournir à leur enfant des informations adaptées à chaque étape de son développement individuel. D’autres entités comme l’école, par exemple, peuvent fournir une aide aux parents dans ce domaine.

Les médias exercent aujourd’hui une grande influence sur l’éducation des enfants et des jeunes, en conditionnant fortement les relations familiales. Les jeunes imitent les exemples qui leur sont présentés par les médias. À côté de nombreux aspects positifs, les moyens de communication transmettent malheureusement aussi de plus en plus souvent du matériel pornographique et des modèles culturels basés sur l’égoïsme et sur l’individualisme.

Les familles qui éduquent bien leurs enfants, et qui sont attentives à établir des rapports corrects entre tous les membres de la famille, représentent un capital humain précieux pour la société et pour son bien-être, tant du point de vue économique que spirituel. La vie de la famille engendre la culture : l’homme y apprend le langage essentiel de la vie et tout ce qui l’aide à devenir pleinement humain. Toute la culture, à ses débuts et dans son développement, est un événement familial.

C. La crise de notre société : défis et opportunités

Aujourd’hui nous devons faire face à une idéologie culturelle apparue avec la révolution sexuelle du siècle dernier, qui a entraîné une crise profonde dans la conception de la vie humaine et familiale. Il s’agit d’un grand défi pour l’évangélisation des Églises chrétiennes, attentives aux besoins du cœur de l’homme, qui est appelé à une vie pleine dans le Christ.

Parmi les changements sociaux, on peut citer la grave crise économique qui s’est manifestée dernièrement. Cette crise bancaire, financière et économique est l’indicateur d’un tournant pour la société mondiale et européenne. Nous sommes tous préoccupés à juste titre. Un élément central de ce tournant est la crise de la vie de famille. Les tendances démographiques en Europe sont un signal très clair d’une crise bien plus profonde que la crise financière. Il est urgent de redécouvrir la valeur de la famille, issue du mariage entre un homme et une femme qui engendrent des enfants et créent un vaste réseau de relations, comme un capital précieux pour la société. Nous lançons un appel à tous les responsables politiques et sociaux afin qu’ils affrontent cette grave question sociale avant qu’il ne soit trop tard. Si on n’y fait pas attention, le manque de ressources financières passera au second plan, face au manque de ressources humaines que la famille apporte à la société.

En même temps, nous exprimons notre gratitude pour tout ce qui a déjà été fait. Nous avons assisté à de nombreux développements positifs pour les familles : la reconnaissance sociale et économique intervenue récemment dans certains pays de la contribution des mères à la société, les aides financières et sociales aux handicapés et aux personnes âgées, la couverture médicale pour les membres les plus défavorisés de la société.

Recommandations et appels

Ces dernières années, les Églises ont pris conscience de l’importance de promouvoir un renouveau spirituel, en particulier en accompagnant les jeunes dans leur parcours pour devenir mari et femme, père et mère. Outre l’accompagnement pastoral offert à toutes les familles, nous pensons que les familles nouvellement formées doivent faire l’objet d’un accompagnement spécial. Les familles marginalisées (souvent des familles de migrants) méritent également une attention particulière. L’Église a pour mission de redonner une espérance à notre société, confrontée aujourd’hui à de nombreux défis. Nous devons donner des signes de solidarité, et communiquer notre message positif sur la famille à travers les médias.
Tous ensemble, catholiques et orthodoxes, nous formulons les recommandations suivantes, en lançant un appel à toutes les personnes de bonne volonté, afin d’intervenir ensemble sur les points suivants :

1. Il est nécessaire et urgent de redécouvrir la culture de la famille et du mariage. Nous sommes convaincus que l’une des principales causes de la crise démographique actuelle, ainsi que des crises qui y sont liées, réside dans le refus de cette culture. Il faut investir beaucoup d’énergies dans la promotion de la famille et mettre en lumière la contribution qu’elle peut offrir à la société. La cellule familiale est une école de socialisation créative, dynamique et vitale à tous les niveaux, en éduquant ses membres à la découverte de la valeur de la communauté et de l’altérité, en leur inculquant la « culture du don », en encourageant chez eux l’ouverture à la diversité dans la solidarité, en favorisant la réciprocité dans la communication, et leur insufflant un dynamisme qui les pousse à découvrir la nouveauté, fruit de l’engagement personnel.

2. Nous affirmons que ce n’est qu’en établissant une relation avec Dieu que les hommes peuvent s’épanouir pleinement. C’est pourquoi nous sommes convaincus qu’en promouvant l’institution de la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, l’Europe contribuera au renforcement de cette cellule fondamentale de la société, qui joue un rôle vital de libération, développement et progrès de la société. Sa reconnaissance marquera le début d’un renouveau de notre culture européenne, qui cherche sa voie en ce temps marqué par la recherche spirituelle. Aussi adressons-nous l’appel suivant aux responsables politiques et sociaux : la famille n’est pas un concept obsolète ! Bien au contraire, elle représente l’avenir, si elle est redécouverte de façon juste. Sans l’amour mutuel dont nous faisons l’expérience au sein de la famille, notre société dépérit.

3. Nous affirmons que, par le fait qu’ils ont donné la vie à leurs enfants, les parents jouissent du droit originaire, primordial et inaliénable de les éduquer. Ils doivent être reconnus comme les premiers et principaux éducateurs – généralement aussi les plus appropriés – de leurs enfants. Nous lançons un appel aux institutions politiques afin qu’elles garantissent aux parents le droit d’éduquer leurs enfants selon leurs convictions morales et religieuses, compte tenu des traditions culturelles propres à leur famille. Ce droit comporte aussi celui de choisir librement les écoles ou les moyens nécessaires pour éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions. L’éducation sexuelle, en particulier, constitue un droit fondamental des parents. Elle doit être donnée dans le respect de leurs choix et sous leur supervision directe.

4. Nous voyons un grand danger dans le fait que les besoins des enfants et le bien-être de la famille sont apparemment subordonnés aux intérêts économiques.

5. Nous lançons un appel aux institutions publiques afin que leurs politiques salariales prennent en compte les besoins liés à la création et au maintien de conditions de vie dignes pour les familles. Cela peut être réalisé au moyen de mesures fiscales qui reconnaissent la contribution indispensable de la famille à la société. Il faut faire en sorte qu’il ne soit pas nécessaire que les deux parents soient contraints de travailler à l’extérieur à plein temps, au détriment de leur vie de famille, et surtout de l’éducation de leurs enfants. Nous adressons un appel aux institutions publiques afin qu’elles reconnaissent et respectent le travail des mères au foyer, qui a une grande valeur pour la famille et pour la société. La « garde des mineurs » doit faire l’objet d’une plus grande considération dans l’intérêt supérieur du mineur, considéré comme le principe de base.

6. Enfin, nous attirons l’attention de tous sur le choix moral dont dépend le futur de l’humanité. Ce choix est au centre du pacte d’Alliance que Dieu a conclu avec l’humanité et réalisé dans le Christ : « Vois : je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur, moi qui te commande aujourd’hui d’aimer le Seigneur ton Dieu, de suivre ses chemins, de garder ses commandements… Alors tu vivras, tu deviendras nombreux, et le Seigneur ton Dieu te bénira… C’est la vie et la mort que j’ai mises devant vous, c’est la bénédiction et la malédiction. Tu choisiras la vie pour que tu vives, toi et ta descendance » (Dt 30,15-19).

Accompagnement

L’expérience de ce Forum a été très positive, en raison notamment de la fraternité qui s’est créée entre nous, et parce qu’il nous a permis de partager notre sollicitude chrétienne envers tous les hommes. Encouragés par cette belle expérience, nous avons l’intention de nous rencontrer régulièrement pour renforcer nos relations mutuelles et affronter ensemble les défis qui se présentent à l’Europe.

Trente, le 13 décembre 2008

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Hercule
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MessageSujet: Benoît XVI - Famille Humaine, Communauté de Paix...   Mer 30 Aoû 2017 - 21:51


http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Archives/Documentation-catholique-n-2393/Famille-humaine-communaute-de-paix-2013-04-16-947223

Famille humaine, communauté de paix
Message pour la Journée mondiale de prière pour la Paix
Du Vatican, le 8 décembre 2007, le 16/04/2013 à 12h42
Texte italien dans l'Osservatore Romano du 4 décembre 2007 (*)

Le 1er janvier 2008 a été célébrée la Journée mondiale de prière pour la Paix. Dans le message adressé traditionnellement à cette occasion, Benoît XVI s'est attaché à un thème « qui lui tient particulièrement à cœur » : la famille. Tout d'abord la famille naturelle, creuset de la vie, fondement de l'harmonie sociale et que le Pape appelle à perpétuer et à protéger. Puis la grande famille de l'humanité, métaphore de la cellule familiale, communauté de biens à préserver, de valeurs et de règles à respecter. À l'échelle de la planète, cette image idéale est bien sûr trop souvent mise à mal. D'où cet appel de Benoît XVI aux dirigeants du monde pour qu'ils se mobilisent en vue du règlement des conflits et d'une réduction réelle de l'arsenal militaire – notamment nucléaire – au niveau international.

1. Au commencement d'une nouvelle année, je désire faire parvenir mes vœux fervents de paix, ainsi qu'un chaleureux message d'espérance, aux hommes et aux femmes du monde entier. Je le fais en proposant à la réflexion commune le thème par lequel j'ai ouvert ce message et qui me tient particulièrement à cœur : « Famille humaine, communauté de paix ». De fait, la première forme de communion entre des personnes est celle que l'amour suscite entre un homme et une femme décidés à s'unir de façon stable pour construire ensemble une nouvelle famille. Mais les peuples de la terre sont aussi appelés à instaurer entre eux des relations de solidarité et de collaboration, comme il revient aux membres de l'unique famille humaine : « Tous les peuples – a déclaré le Concile Vatican II – forment ensemble une seule communauté, ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter tout le genre humain sur toute la surface de la terre (cf. Ac 17, 26), et ont une seule fin dernière, qui est Dieu » (1).

Famille, société et paix

2. La famille naturelle, en tant que profonde communion de vie et d'amour, fondée sur le mariage entre un homme et une femme (2), constitue « le lieu premier d'“humanisation” de la personne et de la société » (3), le « berceau de la vie et de l'amour » (4). Aussi, est-ce avec raison que la famille est qualifiée de première société naturelle, « une institution divine qui constitue le fondement de la vie des personnes, comme le prototype de tout ordre social » (5).

3. En effet, dans une saine vie familiale, on fait l'expérience de certaines composantes fondamentales de la paix : la justice et l'amour entre frères et sœurs, la fonction d'autorité manifestée par les parents, le service affectueux envers les membres les plus faibles parce que petits, malades ou âgés, l'aide mutuelle devant les nécessités de la vie, la disponibilité à accueillir l'autre et, si nécessaire, à lui pardonner. C'est pourquoi, la famille est la première et irremplaçable éducatrice à la paix. Il n'est donc pas étonnant que la violence, si elle est perpétrée en famille, soit perçue comme particulièrement intolérable. Par conséquent, quand on affirme que la famille est « la cellule première et vitale de la société » (6), on dit quelque chose d'essentiel. La famille est aussi un fondement de la société pour la raison suivante : parce qu'elle permet de faire des expériences déterminantes de paix. Il en découle que la communauté humaine ne peut se passer du service que la famille remplit. Où donc l'être humain en formation pourrait-il apprendre à goûter la « saveur » authentique de la paix mieux que dans le « nid » originel que la nature lui prépare ?Le lexique familial est un lexique de paix ; c'est là qu'il est nécessaire de toujours puiser pour ne pas perdre l'usage du vocabulaire de la paix. Dans l'inflation des langages, la société ne peut pas perdre la référence à cette « grammaire » que tout enfant apprend des gestes et des regards de sa mère et de son père, avant même que de l'apprendre de leurs paroles.

4. Puisqu'elle a le devoir d'éduquer ses membres, la famille est détentrice de droits spécifiques. La Déclaration universelle des droits de l'homme elle-même, qui constitue un acquis de civilisation juridique de valeur vraiment universelle, affirme que « la famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État » (7). Pour sa part, le Saint-Siège a voulu reconnaître une dignité juridique spéciale à la famille en publiant la Charte des droits de la famille. Dans le Préambule, on lit : « Les droits de la personne, bien qu'exprimés en tant que droits de l'individu, ont une dimension foncièrement sociale qui trouve dans la famille son expression innée et vitale » (Cool. Les droits énoncés dans la Charte sont une expression et une explicitation de la loi naturelle, inscrite dans le cœur de l'être humain et manifestée à lui par la raison. La négation ou même la restriction des droits de la famille, obscurcissant la vérité sur l'homme, menacent les fondements de la paix eux-mêmes.

5. Par conséquent, celui qui, même inconsciemment, entrave l'institution familiale rend fragile la paix dans la communauté tout entière, nationale et internationale, parce qu'il affaiblit ce qui, de fait, est la principale « agence » de paix. C'est là un point qui mérite une réflexion particulière : tout ce qui contribue à affaiblir la famille fondée sur le mariage d'un homme et d'une femme, ce qui directement ou indirectement freine sa disponibilité à accueillir de manière responsable une nouvelle vie, ce qui entrave son droit à être la première responsable de l'éducation des enfants, constitue un obstacle objectif sur le chemin de la paix. La famille a besoin de logement, de travail et d'une juste reconnaissance de l'activité domestique des parents, de l'école pour les enfants, de l'assistance médicale de base pour tous. Quand la société et la politique ne s'engagent pas à aider la famille dans ces domaines, elles se privent d'une ressource essentielle au service de la paix. En particulier, les moyens de communication sociale, par les potentialités éducatives dont ils disposent, ont une responsabilité spéciale pour promouvoir le respect de la famille, pour illustrer ses attentes et ses droits, pour mettre en évidence sa beauté.

L'humanité est une grande famille

6. Pour vivre en paix, la communauté sociale est aussi appelée à s'inspirer des valeurs sur lesquelles se fonde la communauté familiale. Cela vaut pour les communautés locales comme pour les communautés nationales ; cela vaut plus encore pour la communauté des peuples elle-même, pour la famille humaine qui vit dans la maison commune qu'est la terre. Dans cette perspective cependant, on ne peut oublier que la famille naît du « oui » responsable et définitif d'un homme et d'une femme, et qu'elle vit du « oui » conscient des enfants qui viennent peu à peu en faire partie. Pour prospérer, la communauté familiale a besoin de l'accord généreux de tous ses membres. Il est nécessaire que cette conscience devienne aussi une conviction partagée par ceux qui sont appelés à former la commune famille humaine. Il faut savoir dire son propre « oui » à la vocation que Dieu a inscrite dans notre nature elle-même. Nous ne vivons pas les uns à côté des autres par hasard ; nous parcourons tous un même chemin comme hommes et donc comme frères et sœurs. Aussi est-il essentiel que chacun s'engage à vivre sa propre existence dans une attitude de responsabilité devant Dieu, reconnaissant en lui la source originaire de sa propre existence comme de celle d'autrui. C'est en remontant à ce principe suprême que peut être perçue la valeur inconditionnelle de tout être humain, et que peuvent être ainsi posées les conditions pour l'édification d'une humanité pacifiée. Sans ce fondement transcendant, la société est seulement un conglomérat de voisins, non une communauté de frères et de sœurs, appelés à former une grande famille.

Famille, communauté humaine et environnement

7. La famille a besoin d'une maison, d'un milieu à sa mesure où puissent se tisser des relations entre ses membres. S'agissant de la famille humaine, cette maison c'est la terre, le milieu que Dieu Créateur nous a donné pour que nous y habitions de manière créative et responsable. Nous devons avoir soin de l'environnement : il a été confié à l'homme pour qu'il le garde et le protège dans une liberté responsable, en ayant toujours en vue, comme critère d'appréciation, le bien de tous. L'être humain a évidemment une primauté de valeur sur toute la création. Respecter l'environnement ne veut pas dire que l'on considère la nature matérielle ou animale comme plus importante que l'homme. Cela veut plutôt dire que l'individu ne peut la considérer de manière égoïste comme étant à l'entière disposition de ses propres intérêts, car les générations à venir ont aussi le droit de tirer des bénéfices de la création, mettant en œuvre, ce faisant, la même liberté responsable que nous revendiquons pour nous-mêmes. Il ne faut pas non plus que les pauvres soient oubliés, eux qui, en bien des cas, sont exclus de la destination universelle des biens de la création. De nos jours, l'humanité s'inquiète pour l'avenir de l'équilibre écologique. À cet égard, il convient que les évaluations se fassent avec prudence, dans un dialogue entre experts et sages, sans précipitations idéologiques vers des conclusions hâtives et surtout en recherchant ensemble un modèle de développement durable qui garantisse le bien-être de tous dans le respect des équilibres écologiques. Si la protection de l'environnement a des coûts, il faut qu'ils soient répartis de manière juste, en tenant compte des différences de développement des divers pays et de la solidarité avec les générations futures. Agir avec prudence ne signifie pas ne pas prendre en main ses responsabilités et renvoyer à plus tard les décisions ; cela veut plutôt dire s'engager à prendre ensemble ces décisions, non sans avoir au préalable examiné, de manière responsable, la voie à emprunter, dans le but de renforcer l'alliance entre l'être humain et l'environnement, qui doit être le miroir de l'amour créateur de Dieu, de qui nous venons et vers qui nous allons.

8. Il est fondamental à cet égard de « penser » la Terre comme « notre maison commune » et, pour qu'elle soit au service de tous, d'opter, quand il s'agit de la gérer, pour la voie du dialogue plutôt que pour celle des choix unilatéraux. Si cela est nécessaire, on peut accroître les lieux institutionnels au niveau international, pour mener à bien, de manière concertée, le gouvernement de cette « maison » qui est nôtre ; toutefois, il importe d'abord de faire mûrir dans les consciences la conviction qu'il nous faut collaborer ensemble de manière responsable. Les problèmes qui se profilent à l'horizon sont complexes et urgents. Pour affronter cette situation avec efficacité, il convient d'agir de manière concertée. Il est un domaine où il serait en particulier nécessaire d'intensifier le dialogue entre les nations, c'est celui de la gestion des ressources énergétiques de la planète. À cet égard, les pays technologiquement avancés sont confrontés à une double urgence : il faut, d'une part, qu'ils revoient leurs habitudes exagérées en matière de consommation, liées au modèle actuel de développement et que, d'autre part, ils pourvoient aux investissements adaptés en vue de la diversification des sources d'énergie et de l'amélioration de son utilisation. Les pays émergents ont de grands besoins énergétiques, mais il arrive que ces besoins soient satisfaits au détriment des pays pauvres qui, à cause de l'insuffisance de leurs infrastructures même sur le plan technologique, sont obligés de vendre à bas prix les ressources énergétiques dont ils disposent. Parfois, leur liberté politique elle-même est mise en cause par des formes de protectorat ou tout au moins de conditionnement qui apparaissent clairement humiliantes.

Famille, communauté humaine et économie

9. Une condition essentielle de la paix dans chaque famille réside dans le fait que cette dernière s'appuie sur le fondement solide de valeurs spirituelles et éthiques communes. Mais il faut aussi ajouter que la famille fait une authentique expérience de paix quand chacun de ses membres est assuré d'avoir le nécessaire et quand le patrimoine familial – fruit du travail de certains, de l'épargne d'autres et de l'active collaboration de tous – est bien géré, dans la solidarité, sans excès ni gaspillage. Pour qu'il y ait la paix dans la famille, il faut donc que, d'une part, il y ait une ouverture à un patrimoine transcendant de valeurs et que, d'autre part – et cela n'est pas moins important –, il y ait en même temps une bonne gestion tant des biens matériels que des relations entre les personnes. Négliger ces aspects a pour conséquence que la confiance réciproque est compromise en raison des incertitudes qui menacent l'avenir du noyau familial.

10. On peut appliquer ces réflexions à l'autre grande famille qu'est l'humanité dans son ensemble. Alors qu'elle connaît aujourd'hui une unité plus grande du fait de la mondialisation, la famille humaine a, elle aussi, besoin, en plus du fondement de valeurs communes, d'une économie qui puisse répondre vraiment aux exigences d'un bien commun de dimension planétaire. À cet égard, la référence à la famille naturelle se révèle aussi particulièrement significative. Il faut promouvoir des relations justes et sincères entre les individus et entre les peuples, afin que, sur un plan d'égalité et de justice, tous puissent être en mesure de collaborer. En même temps, il faut que l'on mette tout en œuvre pour assurer une sage utilisation des ressources et une distribution équitable des richesses. En particulier, les aides données aux pays pauvres doivent répondre à des critères d'une saine logique économique, en évitant les gaspillages qui, finalement, conduisent surtout au maintien d'appareils bureaucratiques coûteux. Il convient encore de ne pas perdre de vue l'exigence morale, faisant en sorte que l'organisation économique ne résulte pas seulement des lois rigoureuses du gain immédiat, qui peuvent s'avérer inhumaines.

Famille, communauté humaine et loi morale

11. Une famille vit en paix si tous ceux qui la composent se plient à une norme commune : cela permet de contrecarrer l'individualisme égoïste et de créer des liens entre chacun de ses membres, favorisant ainsi leur coexistence harmonieuse et leur collaboration dans un but commun. En soi évident, ce critère vaut aussi pour les communautés plus larges: allant du niveau local, national, jusqu'à la communauté internationale elle-même. Pour qu'il y ait la paix, il faut une loi commune, qui permette à la liberté d'être vraiment elle-même, et non pas un arbitraire aveugle, et qui protège le faible des abus du plus fort. Dans la famille des peuples, on observe de nombreux comportements arbitraires, que ce soit à l'intérieur des États ou dans les relations mutuelles entre les États. Il existe en outre bien des situations où le faible est obligé de s'incliner non pas devant les exigences de la justice mais devant la seule force de celui qui a plus de moyens que lui. Répétons-le : la force doit toujours être disciplinée par la loi et cela doit se vérifier aussi dans les relations entre États souverains.

12. À bien des reprises, l'Église s'est prononcée sur la nature et la fonction de la loi : la norme juridique, qui régule les rapports entre les personnes, en disciplinant les comportements extérieurs et en prévoyant aussi des sanctions pour ceux qui transgressent ces dispositions, a comme critère la norme morale fondée sur la nature des choses. La raison humaine est en outre capable de la discerner au moins au niveau des exigences fondamentales, en remontant à la Raison créatrice de Dieu, qui est à l'origine de tout. Cette norme morale doit réguler les choix des consciences et orienter tous les comportements des êtres humains. Existe-t-il des normes juridiques pour les rapports entre les nations qui forment la famille humaine ? Et, si elles existent, sont-elles efficaces ? La réponse est oui, ces normes existent, mais pour qu'elles soient vraiment efficaces, il faut remonter à la norme morale naturelle, fondement de la norme juridique, sinon cette dernière reste soumise à des consensus fragiles et éphémères.

13. La connaissance de la norme morale naturelle n'est pas réservée à l'homme qui rentre en lui-même et qui, face à sa destinée, s'interroge sur la logique interne des aspirations les plus profondes qu'il discerne en lui. Non sans perplexité ni incertitudes, il peut arriver à découvrir, au moins dans ses lignes essentielles, cette loi morale communequi, au-delà des différences culturelles, permet aux êtres humains de se comprendre entre eux en ce qui concerne les aspects les plus importants du bien et du mal, du juste et de l'injuste. Il est indispensable de revenir à cette loi fondamentale et de consacrer à cette recherche le meilleur de nos énergies intellectuelles, sans se laisser décourager par les équivoques ou les sous-entendus. De fait, des valeurs enracinées dans la loi naturelle, même si c'est de manière fragmentaire et pas toujours cohérente, sont présentes dans les accords internationaux, dans les formes d'autorité universellement reconnues, dans les principes du droit humanitaire reçus dans les législations des États ou dans les statuts des Organismes internationaux. L'humanité n'est pas « sans loi ». Il est toutefois urgent de poursuivre le dialogue sur ces questions, faisant en sorte que les États parviennent dans leurs législations à une reconnaissance convergente des droits humains fondamentaux. Le progrès de la culture juridique dans le monde dépend entre autre de l'engagement visant à rendre plus effectives les normes internationales ayant un contenu profondément humain, afin d'éviter qu'elles ne se réduisent à des procédures faciles à contourner pour des motifs égoïstes ou idéologiques.

Dépassement des conflits et désarmement

14. De nos jours, l'humanité vit malheureusement de grandes divisions et de durs conflits qui jettent de sombres perspectives sur son avenir. De vastes régions de la planète connaissent des tensions croissantes, et le danger que de plus en plus de pays deviennent détenteurs de l'arme nucléaire suscite de légitimes appréhensions chez toute personne responsable. On assiste encore aujourd'hui à de nombreuses guerres civiles dans le continent africain, même si l'on y observe, pour un certain nombre de pays, des progrès dans la liberté et dans la démocratie. Le Moyen-Orient reste le théâtre de conflits et d'attentats qui ont des conséquences sur les nations et les régions limitrophes, risquant de les entraîner dans la spirale de la violence. D'une manière plus générale, on doit constater avec regret que le nombre des États qui sont pris dans la course aux armements est en augmentation : même des nations en voie de développement consacrent une part importante de leur maigre produit intérieur à l'achat d'armes. Ce funeste commerce se développe grâce à de multiples responsabilités : il y a les pays du monde industrialisé, qui tirent de gros profits de cette vente d'armes et il y a les oligarchies dominantes en de nombreux pays pauvres, qui veulent renforcer leur position par l'achat d'armes toujours plus sophistiquées. En des temps si difficiles, il est vraiment nécessaire que se mobilisent toutes les personnes de bonne volonté pour que soient trouvés des accords concrets en vue d'une démilitarisation efficace, surtout en ce qui concerne les armes nucléaires. Alors que le processus de non-prolifération nucléaire se voit ralenti, je me sens obligé d'exhorter les Autorités à reprendre avec une détermination plus ferme les négociations visant au démantèlement progressif et concerté des armes nucléaires existantes. En renouvelant cet appel, je sais que je me fais l'écho du vœu que forment tous ceux qui ont à cœur l'avenir de l'humanité.

15. Il y a pratiquement soixante ans l'Organisation des Nations Unies rendait solennellement publique la Déclaration universelle des Droits de l'homme (1948-2008). Par ce document, la famille humaine a voulu réagir aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale en reconnaissant son unité fondée sur l'égale dignité de tous les hommes et en mettant au centre de la convivialité humaine le respect des droits fondamentaux de tout individu et de tout peuple : ce fut là un pas décisif sur le difficile et exigeant chemin vers la concorde et la paix. Il est bon aussi de mentionner la célébration du 25e anniversaire de l'adoption par le Saint-Siège de la Charte des droits de la famille (1983-2008), ainsi que le 40e anniversairede la célébration de la première Journée mondiale de la Paix (1968-2008). Fruit d'une intuition providentielle du Pape Paul VI, poursuivie avec une grande conviction par mon vénéré prédécesseur le Pape Jean-Paul II, la célébration de cette Journée a permis à l'Église, au fil des années, de développer, à travers les Messages publiés à cette occasion, une doctrine lumineuse en faveur de ce bien humain fondamental. À la lumière de ces célébrations significatives, j'invite tous les hommes et toutes les femmes à prendre une conscience plus claire de leur appartenance commune à l'unique famille humaine et à s'employer pour que la convivialité sur la Terre soit toujours davantage le reflet de cette conviction, dont dépend l'instauration d'une paix véritable et durable. J'invite aussi les croyants à implorer Dieu inlassablement, pour qu'il accorde le grand don de la paix. Quant aux chrétiens, ils savent qu'ils peuvent se confier à l'intercession de celle qui, étant la Mère du Fils de Dieu qui s'est fait chair pour le salut de l'humanité tout entière, est notre Mère à tous.

À tous, j'offre mes vœux d'heureuse année nouvelle !

Du Vatican, le 8 décembre 2007,

BENOÎT XVI

Du Vatican, le 8 décembre 2007

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MessageSujet: Saint Jean Paul II - Exhortation Apostolique "Familiaris Consortio"    Mer 30 Aoû 2017 - 22:34

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EXHORTATION APOSTOLIQUE "FAMILIARIS CONSORTIO"

Jean Paul II

A l'épiscopat et aux fidèles de toute l'Eglise Catholique
sur les taches de la famille chrétienne dans le monde d'aujourd'hui


INTRODUCTION


L'Eglise au service de la famille

A NOTRE EPOQUE, la famille, comme les autres institutions et peut-être plus qu'elles, a été atteinte par les transformations, larges, profondes et rapides, de la société et de la culture. De nombreuses familles vivent cette situation dans la fidélité aux valeurs qui constituent le fondement de l'institution familiale.
D'autres sont tombées dans l'incertitude et l'égarement devant leurs tâches, voire dans le doute et presque l'ignorance en ce qui concerne le sens profond et la valeur de la vie conjugale et familiale. D'autres enfin voient la réalisation de leurs droits fondamentaux entravée par diverses situations d'injustice.
Sachant que le mariage et la famille constituent l'un des biens les plus précieux de l'humanité, l'Eglise veut faire entendre sa voix, et offrir son aide à ceux qui connaissant déjà la valeur du mariage et de la famille, cherchent à la vivre fidèlement, à ceux qui, plongés dans l'incertitude et l'anxiété, sont à la recherche de la vérité, et à ceux qui sont injustement empêchés de vivre librement leur projet familial. Apportant son soutien aux premiers, sa lumière aux deuxièmes et son secours aux autres, l'Eglise se met au service de tout homme soucieux du sort du mariage et de la famille. GS 52
Elle s'adresse en particulier aux jeunes qui s'apprêtent à s'engager sur le chemin du mariage et de la famille, afin de leur ouvrir de nouveaux horizons en les aidant à découvrir la beauté et la grandeur de la vocation à l'amour et au service de la vie.


Le Synode de 1980 en continuité avec les Synodes précédents.

2.- Le dernier Synode des Evêques, tenu à Rome du 26 septembre au 25 octobre 1980, est un signe de ce profond intérêt de l'Eglise pour la famille. Il a été la continuation naturelle des deux précédents (Homélie de J.P. II à la messe d'ouverture du 6e Synode des Evêques, 26 septembre 1980 n. 2 AAS 72 (1980) p.1008). La famille chrétienne, en effet, est la première communauté appelée à annoncer l'Evangile à la personne humaine en développement et à conduire cette dernière, par une éducation et une catéchèse progressives, à sa pleine maturité humaine et chrétienne.
On peut même dire que le récent Synode se relie d'une certaine façon par son thème, au Synode sur le Sacerdoce ministériel et sur la justice dans le monde contemporain. En effet en tant que communauté éducative, la famille doit aider l'homme à discerner sa vocation et à assumer l'engagement indispensable pour une plus grande justice, en le formant dès le début de son existence à des relations interpersonnelles riches de justice et d'amour.
Les Pères du Synode, en conclusion de leur Assemblée, m'ont présenté une longue série de propositions dans lesquelles ils avaient recueilli le fruit des réflexions mûries au cours de leurs journées de travail intense, et ils m'ont demandé à l'unanimité de me faire devant l'humanité l'interprète de la vive sollicitude de l'Eglise pour la famille et d'indiquer les orientations opportunes pour un engagement pastoral renouvelé dans ce secteur fondamental de la vie humaine et ecclésiale.
Je m'acquitte de cette tâche en publiant la présente exhortation comme une façon particulière d'accomplir le ministère apostolique qui m'a été confié, et je désire exprimer à tous ceux qui ont participé au Synode ma gratitude pour la précieuse contribution de doctrine et d'expérience qu'ils m'ont apportée, surtout au moyen des " Propositions"; j'en ai confié le texte au Conseil pontifical pour la Famille, en lui demandant d'en approfondir l'étude, afin de valoriser chacun des aspects des richesses qu'il contient.


Le bien précieux du mariage et de la famille

3. L'Eglise, éclairée par la foi, qui lui fait connaître toute la vérité sur le bien précieux que sont le mariage et la famille et sur leur signification la plus profonde, ressent encore une fois l'urgence d'annoncer l'Evangile, c'est-à-dire la "bonne nouvelle ", à tous sans distinction, mais en particulier à ceux qui sont appelés au mariage et qui s'y préparent, à tous les époux et à tous les parents du monde.
Elle est profondément convaincue que c'est seulement en accueillant l'Evangile que l'on peut assurer la pleine réalisation de toute espérance que l'homme place légitimement dans le mariage et dans la famille.
Voulus par Dieu en même temps que la création, Gn 1-2 le mariage et la famille sont en eux-mêmes destinés à s'accomplir dans le Christ Ep 5 et ils ont besoin de sa grâce pour être guéris de la blessure du péché GS 47 (Lettre de JP II Appropinquant iam du 15/8/1980 n.1 : AAS 72 (1980) p.791) et ramenés à leur " origine " Mt 19,4c'est-à-dire à la pleine connaissance et à la réalisation intégrale du dessein de Dieu.
En un moment historique où la famille subît de nombreuses pressions qui cherchent à la détruire ou tout au moins à la déformer, l'Eglise, sachant que le bien de la société et son bien propre sont profondément liés à celui de la famille, GS 47 a une conscience plus vive et plus pressante de sa mission de proclamer à tous le dessein de Dieu sur le mariage et sur la famille, en assurant leur pleine vitalité et leur promotion humaine et chrétienne et en contribuant ainsi au renouveau de la société et du peuple de Dieu.


PREMIERE PARTIE

LUMIERES ET OMBRES DE LA FAMILLE AUJOURD'HUI


Nécessité de connaître la situation

4. Le dessein de Dieu sur le mariage et sur la famille concerne l'homme et la femme dans la réalité concrète de leur existence quotidienne dans telle ou telle situation sociale et culturelle. C'est pourquoi l'Eglise, pour accomplir son service, doit s'appliquer à connaître les situations au milieu desquelles le mariage et la famille se réalisent aujourd'hui (Discours de JP II au Conseil du Secrétariat général du Synode des Evêques 23/2/1980).
Cette connaissance est donc, pour l'oeuvre d'évangélisation, une exigence que l'on ne saurait négliger. C'est en effet aux familles de notre temps que l'Eglise doit apporter l'Evangile immuable et toujours nouveau de Jésus-Christ, de même que ce sont les familles plongées dans les conditions actuelles du monde qui sont appelées à accueillir et à vivre le projet de Dieu les concernant. De plus, les exigences, les appels de l'Esprit se font entendre aussi à travers les événements de l'histoire, et c'est pourquoi l'Eglise peut être amenée à une compréhension plus profonde de l'inépuisable mystère du mariage et de la famille, même à partir des situations, des questions, des angoisses et des espoirs des jeunes, des époux et des parents d'aujourd'hui. GS 4
A cela il faut ajouter une réflexion d'une importance particulière pour le temps présent. Il n'est pas rare qu'aux hommes et aux femmes d'aujourd'hui qui cherchent sincèrement et sérieusement une réponse aux problèmes quotidiens et graves de leur vie matrimoniale et familiale, soient offertes des visions et des propositions peut-être séduisantes, mais qui compromettent plus ou moins la vérité et la dignité de la personne humaine. Cette offre est souvent soutenue par l'organisation puissante et partout diffuse des moyens de communication sociale qui mettent subtilement en péril la liberté et la capacité de juger en toute objectivité.
Beaucoup sont déjà conscients de ce danger qui menace la personne humaine, et ils s'emploient à faire triompher la vérité. L'Eglise, avec son discernement évangélique, s'unit à eux, apportant son propre concours au service de la vérité, de la liberté et de la dignité de tout homme et de toute femme.


Le discernement évangélique

5. Par le discernement qu'elle opère, l'Eglise propose une orientation permettant de sauver et de réaliser toute la vérité et la pleine dignité du mariage et de la famille.
Ce discernement est accompli grâce au sens de la foi, LG 12 don que l'Esprit accorde à tous les fidèles. 1Jn 2,20" C'est donc une oeuvre de toute l'Eglise, selon la diversité des dons et des charismes qui, en fonction des responsabilités propres à chacun, agissent ensemble en vue d'une plus profonde intelligence et mise en oeuvre de la Parole de Dieu. Ainsi l'Eglise opère son discernement évangélique non seulement par les Pasteurs, qui enseignent au nom du Christ et avec son pouvoir, mais aussi par les laïcs, dont le Christ fait "des témoins en les pourvoyant du sens de la foi et de la grâce de la parole (cf. Ac 2,17-18 Ap 19,10), afin que brille dans la vie quotidienne, familiale et sociale, la force de l'Evangile" LG 35. Bien plus, en raison de leur vocation particulière, les laïcs ont pour tâche spécifique d'interpréter à la lumière du Christ l'histoire de ce monde, car ils sont appelés à éclairer et à ordonner les réalités temporelles selon le dessein de Dieu Créateur et Rédempteur.
Le " sens surnaturel de la foi " LG 12 (Déclaration Mysterium Ecclesiae S. congr. Doctrine de la foi AAS 65 (1973) p.398-400) ne consiste pas seulement ou nécessairement dans le consensus des fidèles. L'Eglise, qui suit le Christ, cherche la vérité, qui ne coïncide pas toujours avec l'opinion de la majorité. Elle écoute la conscience et non le pouvoir, et par cela même elle défend les pauvres et les méprisés. L'Eglise peut apprécier aussi la recherche sociologique et statistique lorsqu'elle s'avère utile pour saisir le contexte historique dans lequel l'action pastorale doit s'exercer et pour mieux connaître la vérité; mais il ne faut pas penser que cette recherche est purement et simplement l'expression du sens de la foi.
Le rôle du ministère apostolique est d'assurer la permanence de l'Eglise dans la vérité du Christ et de l'y insérer toujours plus profondément. Aussi les Pasteurs doivent-ils promouvoir le sens de la foi chez tous les fidèles, examiner et juger d'une manière autorisée l'authenticité de ses expressions, et former les fidèles à un discernement évangélique toujours plus réfléchi.

Pour l'élaboration d'un authentique discernement évangélique dans les diverses situations et cultures dans lesquelles l'homme et la femme vivent leur mariage et leur existence familiale, les époux et les parents chrétiens peuvent et doivent apporter leur contribution propre qui est irremplaçable. Ils sont pour cela habilités par leur charisme ou don propre, celui du sacrement de mariage. ( Homélie de JP II à la messe d'ouverture du 6e Synode des Evêques, 26/9/1980 n.3 ; AAS 72 (1980) p. 1008).


La situation de la famille dans le monde d'aujourd'hui

6. La situation dans laquelle se trouve la famille présente des aspects positifs et négatifs: les uns sont le signe du salut du Christ à l'oeuvre dans le monde; les autres, du refus que l'homme oppose à l'amour de Dieu.
Car, d'une part, on constate une conscience plus vive de la liberté personnelle et une attention plus grande à la qualité des relations interpersonnelles dans le mariage, à la promotion de la dignité de la femme, à la procréation responsable, à l'éducation des enfants ; il s'y ajoute la conscience de la nécessité de développer des liens entre familles en vue d'une aide spirituelle et matérielle réciproque, la redécouverte de la mission ecclésiale propre à la famille et de sa responsabilité dans la construction d'une société plus juste. Mais, par ailleurs, il ne manque pas d'indices d'une dégradation préoccupante de certaines valeurs fondamentales : une conception théorique et pratique erronée de l'indépendance des conjoints entre eux ; de graves ambiguïtés à propos du rapport d'autorité entre parents et enfants ; des difficultés concrètes à transmettre les valeurs, comme bien des familles l'expérimentent ; le nombre croissant des divorces ; la plaie de l'avortement ; le recours sans cesse plus fréquent à la stérilisation ; l'installation d'une mentalité vraiment et proprement contraceptive.
A la racine de ces phénomènes négatifs, il y a souvent une corruption du concept et de l'expérience de la liberté, celle-ci étant comprise non comme la capacité de réaliser la vérité du projet de Dieu sur le mariage et la famille, mais comme une force autonome d'affirmation de soi, assez souvent contre les autres, pour son bien-être égoïste.
Un autre fait mérite également notre attention : dans les pays du tiers monde, les familles manquent souvent aussi bien des moyens fondamentaux pour leur survie, tels que la nourriture, le travail, le logement, les médicaments, que des plus élémentaires libertés. Dans les pays plus riches, en revanche, le bien-être excessif et l'esprit de consommation, celui-ci étant paradoxalement uni à une certaine angoisse et à quelque incertitude quant à l'avenir, enlèvent aux époux la générosité et le courage de susciter de nouvelles vies humaines : souvent la vie n'est plus alors perçue comme une bénédiction, mais comme un péril dont il faut se défendre.
La situation historique dans laquelle vit la famille se présente donc comme un mélange d'ombres et de lumières.
Ce mélange montre que l'histoire n'est pas simplement un progrès nécessaire vers le mieux, mais un avènement de la liberté, et plus encore un combat entre libertés qui s'opposent, c'est-à-dire, selon l'expression bien connue de saint Augustin, un conflit entre deux amours: l'amour de Dieu, poussé jusqu'au mépris de soi ; l'amour de soi, poussé jusqu'au mépris de Dieu. (Cf. S. Augustin, De civitate Dei XIV, 28)
Il s'ensuit que seule l'éducation de l'amour enracinée dans la foi peut conduire à acquérir la capacité d'interpréter les " signes des temps ", qui sont l'expression historique de ce double amour.


L'influence de cette situation sur la conscience des fidèles

7. En vivant dans un tel monde, et sous l'influence provenant surtout des mass media, les fidèles n'ont pas toujours su et ne savent pas toujours demeurer indemnes de l'obscurcissement des valeurs fondamentales ni se situer comme conscience critique de cette culture familiale et comme sujets actifs de la construction d'un authentique humanisme familial.
Au nombre des signes les plus préoccupants de ce phénomène, les Pères du Synode ont souligné en particulier l'expansion du divorce et du recours à une nouvelle union de la part des fidèles eux- mêmes ; l'acceptation du mariage purement civil, en contradiction avec leur vocation de baptisés à "s'épouser dans le Seigneur" ; la célébration du mariage-sacrement sans foi vivante, mais pour d'autres motifs ; le refus de normes morales qui éclairent et soutiennent l'exercice humain et chrétien de la sexualité dans le mariage.


Notre époque a besoin de sagesse

8. Toute l'Eglise a le devoir de réfléchir et de s'engager en profondeur afin que la nouvelle culture qui apparaît soit intimement évangélisée, que soient reconnues les vraies valeurs, que soient défendus les droits de l'homme et de la femme et que la justice soit promue dans les structures mêmes de la société. Ainsi, le "nouvel humanisme" ne détournera pas les hommes de leurs rapports avec Dieu, mais il les y conduira de façon plus plénière.
Dans la construction d'un tel humanisme, la science et ses applications techniques offrent de nouvelles et immenses possibilités. Cependant, la science, par suite de choix politiques qui déterminent l'orientation de la recherche et ses applications, est fréquemment utilisée contre sa signification originelle, la promotion de la personne humaine.
Il est donc nécessaire que tous reprennent conscience du primat des valeurs morales: elles sont celles de la personne humaine comme telle. La compréhension du sens ultime de la vie et de ses valeurs fondamentales est le grand défi qui s'impose aujourd'hui en vue du renouvellement de la société. Seul le sentiment du primat de ces valeurs permet d'utiliser les immenses possibilités mises par la science dans les mains de l'homme de manière à promouvoir vraiment la personne humaine dans sa vérité tout entière, dans sa liberté et dans sa dignité. La science est appelée à s'unir à la sagesse.
On peut donc appliquer aussi aux problèmes de la famille les termes du Concile Vatican II : "Plus que toute autre, notre époque a besoin d'une telle sagesse, pour humaniser ses propres découvertes, quelles qu'elles soient. L'avenir du monde serait en péril, si elle ne savait pas se donner des sages". GS 17
L'éducation de la conscience morale, qui rend chaque homme capable de juger et de discerner les moyens adéquats pour se réaliser selon sa vérité originelle, devient ainsi une exigence prioritaire à laquelle on ne peut renoncer.
C'est l'alliance avec la divine Sagesse qui doit être fortement scellée à nouveau dans la culture contemporaine. Chaque homme est rendu participant de cette Sagesse par le geste créateur de Dieu lui-même. Et c'est seulement dans la fidélité à cette alliance que les familles d'aujourd'hui seront en mesure d'exercer une influence positive sur la construction d'un monde plus juste et plus fraternel.


Gradualité et conversion

9. A l'injustice qui vient du péché - celui-ci ayant pénétré profondément les structures du monde d'aujourd'hui - et qui empêche souvent la famille de se réaliser vraiment elle-même et d'exercer ses droits fondamentaux, nous devons tous nous opposer par une conversion de l'esprit et du coeur qui implique de suivre le Christ crucifié en renonçant à son propre égoïsme : une telle conversion ne peut pas ne pas avoir une influence bénéfique et rénovatrice même sur les structures de la société.
Il faut une conversion continuelle, permanente, qui, tout en exigeant de se détacher intérieurement de tout mal et d'adhérer au bien dans sa plénitude, se traduit concrètement en une démarche conduisant toujours plus loin. Ainsi se développe un processus dynamique qui va peu à peu de l'avant grâce à l'intégration progressive des dons de Dieu et des exigences de son amour définitif et absolu dans toute la vie personnelle et sociale de l'homme. C'est pourquoi un cheminement pédagogique de croissance est nécessaire pour que les fidèles, les familles et les peuples, et même la civilisation, à partir de ce qu'ils ont déjà reçu du mystère du Christ, soient patiemment conduits plus loin, jusqu'à une conscience plus riche et à une intégration plus pleine de ce mystère dans leur vie.


Inculturation

10. Il est conforme à la tradition constante de l'Eglise d'accueillir à partir des cultures des peuples tout ce qui est susceptible de mieux exprimer les inépuisables richesses du Christ. Ep 3,8 GS 44 AGD 15 AGD 22 Et ce n'est qu'avec le concours de toutes les cultures que ces richesses pourront se manifester toujours plus clairement et que l'Eglise pourra cheminer vers une connaissance chaque jour plus complète et plus approfondie de la vérité, qui lui a déjà été entièrement donnée par son Seigneur.
En tenant ferme le double principe de la compatibilité avec l'Evangile des diverses cultures à assumer et de la communion avec l'Eglise universelle, on devra poursuivre l'étude - cela vaut particulièrement pour les Conférences épiscopales et les dicastères compétents de la Curie romaine - et l'action pastorale, de sorte que cette "inculturation" de la foi chrétienne se réalise d'une manière toujours plus vaste, même dans le domaine du mariage et de la famille.
Par cette "inculturation", on se dirige vers la reconstitution plénière de l'alliance avec la Sagesse de Dieu, qui est le Christ lui-même. L'Eglise s'enrichira aussi de toutes les cultures qui, bien que manquant de technologie, sont riches de sagesse humaine et vivifiées par de grandes valeurs morales.
Pour que soit clair le but de ce cheminement et que, par conséquent, la route soit indiquée avec certitude, le Synode a, en premier lieu et à juste titre, considéré à fond le projet originel de Dieu à propos du mariage et de la famille; il a voulu "revenir au commencement" pour respecter l'enseignement du Christ. Mt 19,4 ss.


DEUXIEME PARTIE

LE DESSEIN DE DIEU SUR LE MARIAGE ET SUR LA FAMILLE


L'homme, image du Dieu Amour

11. Dieu a créé l'homme à son image et à sa ressemblance : Gn 1,26-27 en l'appelant à l'existence par amour, il l'a appelé en même temps à l'amour.
Dieu est amour 1Jn 4,8 et il vit en lui-même un mystère de communion personnelle d'amour. En créant l'humanité de l'homme et de la femme à son image et en la conservant continuellement dans l'être, Dieu inscrit en elle la vocation, et donc la capacité et la responsabilité correspondantes, à l'amour et à la communion. GS 12 L'amour est donc la vocation fondamentale et innée de tout être humain.
Puisque l'homme est un esprit incarné, c'est-à-dire une âme qui s'exprime dans un corps et un corps animé par un esprit immortel, il est appelé à l'amour dans sa totalité unifiée. L'amour embrasse aussi le corps humain et le corps est rendu participant de l'amour spirituel.
La Révélation chrétienne connaît deux façons spécifiques de réaliser la vocation à l'amour de la personne humaine, dans son intégrité : le mariage et la virginité. L'une comme l'autre, dans leur forme propre, sont une concrétisation de la vérité la plus profonde de l'homme, de son "être à l'image de Dieu".
En conséquence, la sexualité, par laquelle l'homme et la femme se donnent l'un à l'autre par les actes propres et exclusifs des époux, n'est pas quelque chose de purement biologique, mais concerne la personne humaine dans ce qu'elle a de plus intime. Elle ne se réalise de façon véritablement humaine que si elle est partie intégrante de l'amour dans lequel l'homme et la femme s'engagent entièrement l'un vis-à-vis de l'autre jusqu'à la mort. La donation physique totale serait un mensonge si elle n'était pas le signe et le fruit d'une donation personnelle totale, dans laquelle toute la personne, jusqu'en sa dimension temporelle, est présente. Si on se réserve quoi que ce soit, ou la possibilité d'en décider autrement pour l'avenir, cela cesse déjà d'être un don total.
Cette totalité, requise par l'amour conjugal, correspond également aux exigences d'une fécondité responsable : celle-ci, étant destinée à engendrer un être humain, dépasse par sa nature même l'ordre purement biologique et embrasse un ensemble de valeurs personnelles dont la croissance harmonieuse exige que chacun des deux parents apporte sa contribution de façon permanente et d'un commun accord.
Le "lieu" unique, qui rend possible cette donation selon toute sa vérité, est le mariage, c'est-à-dire le pacte d'amour conjugal ou le choix conscient et libre par lequel l'homme et la femme accueillent l'intime communauté de vie et d'amour voulue par Dieu lui-même, GS 48 et qui ne manifeste sa vraie signification qu'à cette lumière. L'institution du mariage n'est pas une ingérence indue de la société ou de l'autorité, ni l'imposition extrinsèque d'une forme ; elle est une exigence intérieure du pacte d'amour conjugal qui s'affirme publiquement comme unique et exclusif pour que soit vécue ainsi la pleine fidélité au dessein du Dieu créateur. Cette fidélité, loin d'amoindrir la liberté de la personne, la met à l'abri de tout subjectivisme et de tout relativisme, et la fait participer à la Sagesse créatrice.


Le mariage et la communion entre Dieu et les hommes

12. La communion d'amour entre Dieu et les hommes, contenu fondamental de la Révélation et de l'expérience de foi d'Israël, trouve une expression significative dans l'alliance nuptiale réalisée entre l'homme et la femme. C'est ainsi que les mots essentiels de la Révélation, à savoir " Dieu aime son peuple ", sont prononcés également au moyen des termes vivants et concrets par lesquels l'homme et la femme se disent leur amour conjugal. Leur lien d'amour devient l'image et le symbole de l'Alliance qui unit Dieu et son peuple. Os 2,21 Jr 3,6-13 Is 54 Même le péché qui peut blesser le pacte conjugal devient image de l'infidélité du peuple envers son Dieu : l'idolâtrie est une prostitution, Ez 16,25 l'infidélité est un adultère, la désobéissance à la loi est un abandon de l'amour nuptial du Seigneur. Mais l'infidélité d'Israël ne détruit pas la fidélité éternelle du Seigneur, et par conséquent l'amour toujours fidèle de Dieu est présenté comme exemplaire pour les relations d'amour fidèle qui doivent exister entre les époux. Os 3


Jésus-Christ, époux de l'Eglise et le sacrement de mariage

13. La communion entre Dieu et les hommes trouve son accomplissement définitif en Jésus-Christ, l'époux qui aime et qui se donne comme Sauveur de l'humanité en se l'unissant comme son corps.
Il révèle la vérité originelle du mariage, la vérité du " commencement " Gn 2,24 et, en libérant l'homme de la dureté du coeur, le rend capable de la réaliser entièrement.
Cette révélation parvient à la plénitude définitive dans le don d'amour que le Verbe de Dieu fait à l'humanité en assumant la nature humaine et dans le sacrifice que Jésus-Christ fait de lui- même sur la croix pour son Epouse, l'Eglise. Dans ce sacrifice se manifeste entièrement le dessein que Dieu a imprimé dans l'humanité de l'homme et de la femme depuis leur création; Ep 5,32-33 le mariage des baptisés devient ainsi le symbole réel de l'alliance nouvelle et éternelle, scellée dans le sang du Christ. L'Esprit, que répand le Seigneur, leur donne un coeur nouveau et rend l'homme et la femme capables de s'aimer, comme le Christ nous a aimés. L'amour conjugal atteint cette plénitude à laquelle il est intérieurement ordonné, la charité conjugale : celle-ci est la façon propre et spécifique dont les époux participent à la charité du Christ se donnant lui-même sur la croix, et sont appelés à la vivre.
Dans une page à juste titre fameuse, Tertullien a bien exprimé la grandeur et la beauté de cette vie conjugale dans le Christ: " Où vais-je puiser la force de décrire de manière satisfaisante le bonheur du mariage que l'Eglise ménage, que confirme l'offrande, que scelle la bénédiction ; les anges le proclament, le Père céleste le ratifie... Quel couple que celui de deux chrétiens, unis par une seule espérance, un seul désir, une seule discipline, le même service! Tous deux enfants d'un même père, serviteurs d'un même maître ; rien ne les sépare, ni dans l'esprit ni dans la chair ; au contraire, ils sont vraiment deux en une seule chair. Là où la chair est une, un aussi est l'esprit ".(Tertullien Ad uxorem, II, VIII, 6-7)
En accueillant et en méditant fidèlement la Parole de Dieu, l'Eglise a solennellement enseigné et enseigne que le mariage des baptisés est l'un des sept sacrements de la Nouvelle Alliance. DS 1801
Car, par le baptême, l'homme et la femme sont définitivement insérés dans la nouvelle et éternelle Alliance, Alliance nuptiale du Christ avec l'Eglise. C'est en raison de cette insertion indestructible que la communauté intime de vie et d'amour conjugal fondée par le Créateur GS 48 a été élevée et assumée dans la charité nuptiale du Christ, soutenue et enrichie par sa force rédemptrice.
En vertu de la sacramentalité de leur mariage, les époux sont liés l'un à l'autre de la façon la plus indissoluble. S'appartenant l'un à l'autre, ils représentent réellement, par le signe sacramentel, le rapport du Christ à son Eglise.
Les époux sont donc pour l'Eglise le rappel permanent de ce qui est advenu sur la croix. Ils sont l'un pour l'autre et pour leurs enfants des témoins du salut dont le sacrement les rend participants. Le mariage, comme tout sacrement, est un mémorial, une actualisation et une prophétie de l'événement du salut. "Mémorial, le sacrement leur donne la grâce et le devoir de faire mémoire des grandes oeuvres de Dieu et d'en témoigner auprès de leurs enfants ; actualisation, il leur donne la grâce et le devoir de mettre en oeuvre dans le présent, l'un envers l'autre et envers leurs enfants, les exigences d'un amour qui pardonne et qui rachète ; prophétie, il leur donne la grâce et le devoir de vivre et de témoigner l'espérance de la future rencontre avec le Christ " (JP II discours aux délégués du CLER, 3/11/1979, n.3)
Comme chacun des sept sacrements, le mariage est aussi un symbole réel de l'événement du salut, mais à sa manière propre. "Les époux y participent en tant qu'époux, à deux, comme couple, à tel point que l'effet premier et immédiat du mariage (res et sacramentum) n'est pas la grâce surnaturelle elle-même, mais le lien conjugal chrétien, une communion à deux typiquement chrétienne parce que représentant le mystère d'incarnation du Christ et son mystère d'alliance. Et le contenu de la participation à la vie du Christ est aussi spécifique : l'amour conjugal comporte une totalité où entrent toutes les composantes de la personne - appel du corps et de l'instinct, force du sentiment et de l'affectivité, aspiration de l'esprit et de la volonté -; il vise une unité profondément personnelle, celle qui, au-delà de l'union en une seule chair, conduit à ne faire qu'un coeur et qu'une âme; il exige l'indissolubilité et la fidélité dans la donation réciproque définitive; et il s'ouvre sur la fécondité (cf. HV 9). En un mot, il s'agit bien des caractéristiques normales de tout amour conjugal naturel, mais avec une signification nouvelle qui, non seulement les purifie et les consolide, mais les élève au point d'en faire l'expression de valeurs proprement chrétiennes. (JP II discours aux délégués du CLER, 3/11/1979, n.4)


Les enfants, don très précieux du mariage

14. Selon le dessein de Dieu, le mariage est le fondement de cette communauté plus large qu'est la famille, puisque l'institution même du mariage et l'amour conjugal sont ordonnés à la procréation et à l'éducation des enfants dans lesquels ils trouvent leur couronnement. GS 50
Dans sa réalité la plus profonde, l'amour est essentiellement don, et l'amour conjugal, en amenant les époux à la "connaissance" réciproque qui fait qu'ils sont "une seule chair" Gn 2,24 ne s'achève pas dans le couple; il les rend en effet capables de la donation la plus grande qui soit, par laquelle ils deviennent coopérateurs avec Dieu pour donner la vie à une autre personne humaine. Ainsi les époux, tandis qu'ils se donnent l'un à l'autre, donnent au-delà d'eux-mêmes un être réel, l'enfant, reflet vivant de leur amour, signe permanent de l'unité conjugale et synthèse vivante et indissociable de leur être de père et de mère.
En devenant parents, les époux reçoivent de Dieu le don d'une nouvelle responsabilité. Leur amour parental est appelé à devenir pour leurs enfants le signe visible de l'amour même de Dieu, "d'ou vient toute paternité au ciel et sur la terre ".Ep 3,15
Il ne faut cependant pas oublier que même dans les cas où la procréation est impossible, la vie conjugale garde toute sa valeur. La stérilité physique peut en effet être pour le couple l'occasion de rendre d'autres services importants à la vie de la personne humaine, tels que l'adoption, les oeuvres variées d'éducation, l'aide à d'autres familles, aux enfants pauvres ou handicapés.


La famille, communion de personnes

15. Au sein du mariage et de la famille se tisse un ensemble de relations interpersonnelles - rapports entre conjoints, paternité- maternité, filiation, fraternité - à travers lesquelles chaque personne est introduite dans la "famille humaine" et dans la "famille de Dieu" qu'est l'Eglise.
Le mariage et la famille chrétienne construisent l'Eglise. Dans la famille en effet, la personne humaine n'est pas seulement engendrée et introduite progressivement, à travers l'éducation, dans la communauté humaine, mais grâce à la régénération du baptême et à l'éducation de la foi, elle est introduite également dans la famille de Dieu qu'est l'Eglise.
La famille humaine, désagrégée par le péché, est reconstituée dans son unité par la puissance rédemptrice de la mort et de la résurrection du Christ. GS 78 Le mariage chrétien, qui participe à l'efficacité salvifique de cet événement, constitue le lieu naturel où s'accomplit l'insertion de la personne humaine dans la grande famille de l'Eglise.
La mission, donnée au commencement à l'homme et à la femme, de croître et de se multiplier atteint ainsi toute sa vérité et sa pleine réalisation.
Et l'Eglise trouve dans la famille, née du sacrement, son berceau et le lieu où elle peut accomplir sa propre insertion dans les générations humaines, et celles-ci, réciproquement, dans l'Eglise...

+ + + + +

...
En conclusion de ce message pastoral qui veut attirer l'attention de tous sur les tâches, lourdes mais passionnantes, de la famille chrétienne, je désire invoquer maintenant la protection de la sainte Famille de Nazareth.

En elle, par un mystérieux dessein de Dieu, le Fils de Dieu a vécu caché durant de longues années. Elle est donc le prototype et l'exemple de toutes les familles chrétiennes. Regardons cette Famille, unique au monde, elle qui a vécu de façon anonyme et silencieuse dans un petit bourg de Palestine, elle qui a été éprouvée par la pauvreté, par la persécution, par l'exil, elle qui a glorifié Dieu d'une manière incomparablement élevée et pure: elle ne manquera pas d'assister les familles chrétiennes, et même toutes les familles du monde, dans la fldélité à leurs devoirs quotidiens, dans la façon de supporter les inquiétudes et les tribulations de la vie, dans l'ouverture généreuse aux besoins des autres, dans l'accomplissement joyeux du plan de Dieu sur elles.

Que saint Joseph, «homme juste», travailleur infatigable, gardien absolument intègre de ce qui lui avait été confié, garde ces familles, les protège, les éclaire toujours!

Que la Vierge Marie, qui est Mère de l'Eglise, soit également la Mère de l'«Eglise domestique»! Que grâce à son aide maternelle, toute famille chrétienne puisse devenir vraiment une «petite Eglise» dans laquelle se reflète et revive le mystère de l'Eglise du Christ! Elle qui est la Servante du Seigneur, qu'elle soit l'exemple de l'accueil humble et généreux de la volonté de Dieu! Elle qui fut la Mère douloureuse au pied de la croix, qu'elle soit là pour alléger les souffrances et essuyer les larmes de ceux qui sont affligés par les difficultés de leurs familles!

Et que le Christ Seigneur, Roi de l'univers, Roi des familles, soit présent, comme à Cana, dans tout foyer chrétien pour lui communiquer lumière, joie, sérénité, force. En ce jour solennel consacré à sa Royauté, je lui demande que toute famille sache apporter généreusement sa contribution originale à l'avènement de son Règne dans le monde, «Règne de vie et de vérité, de grâce et de sainteté, de justice, d'amour et de paix»(183), vers lequel l'histoire est en marche.

A Lui, à Marie, à Joseph, je confie toute famille. Entre leurs mains et dans leur cœur, je dépose cette exhortation: qu'ils vous la remettent eux-mêmes, vénérables Frères et chers Fils, et qu'ils ouvrent vos coeurs à la lumière que l'Evangile rayonne sur chaque famille!

A tous et à chacun, en vous assurant de ma prière constante, j'accorde de grand cœur ma Bénédiction Apostolique au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Donné à Rome près de Saint-Pierre, le 22 novembre 1981, solennité du Christ, Roi de l'Univers, en la quatrième année de mon pontificat.

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Hercule
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MessageSujet: Un spécialiste du divorce partage ses 4 questions pour éviter une séparation...   Mer 30 Aoû 2017 - 22:43

Un spécialiste du divorce partage ses 4 questions pour éviter une séparation
Amélie Hillairet | 27 août 2017

http://l-arc-en-ciel.forumactif.org/t5582-un-specialiste-du-divorce-partage-ses-4-questions-pour-eviter-une-separation#20959

(Merci à Claire du Forum "L'ARC-EN-CIEL DES RACHETES").

Un avocat, spécialisé dans le divorce, invite ses clients à se poser quelques questions riches de sens, avant de commettre l'irréparable... Une méthode atypique qui fait parler d'elle, et a déjà sauvé plusieurs mariages !

Rafael Gonçalves, un jeune avocat brésilien en droit des familles, spécialisé dans le divorce, a fait le buzz récemment après avoir posté sur son compte Facebook une photo d’un post-it qu’il a donné à l’une de ses cliente. Sur le post-it en question, tout d’abord les documents à fournir pour lancer la procédure officielle de divorce, suivis d’une note post-scriptum sur laquelle il inscrit 4 questions. Lorsqu’il a été interrogé ensuite sur le sujet, le jeune brésilien a expliqué qu’en discutant avec sa cliente, il s’était rendu compte qu’elle aimait toujours son mari.

Un avocat du divorce qui réconcilie les couples

« J’ai perdu des clients mais j’ai gagné des amis » explique Rafael sur Facebook. Malgré le risque de réduire sa clientèle, il a donné ces quatre questions à sa cliente pour lui permettre de réfléchir avant qu’elle ne commette l’erreur de poursuivre avec le divorce. Un beau geste pour une personne dont le travail est normalement de mettre un terme aux mariages…


« Je ne pense pas avoir fait quelque chose d’incroyable, et selon moi, tous mes collègues devraient en faire de même » précise-t-il au site Goodnewsnetwork.

+ + + + +

https://fr.aleteia.org/2017/08/27/4-questions-a-se-poser-pour-eviter-divorce/

4 questions très simples pour sauver son mariage :

– Est-ce que j’ai fait tout ce que je pouvais pour sauver mon mariage ?
– Est-ce que le divorce est vraiment la meilleure solution ?
– Qui influence mes décisions ?
– Combien de problèmes avez-vous surmontés au sein de votre couple, et comment l’avez-vous fait ?

Le lendemain, le couple est revenu vers lui en lui expliquant qu’ils ne souhaitent plus poursuivre la procédure de divorce. De toute évidence, ils ont pris temps de se poser les bonnes questions sur leur relation et ont décidé qu’ils méritaient de se donner une seconde chance. « Personne ne commence une relation en pensant à la rupture, et personne n’épouse quelqu’un en planifiant un divorce. Nous vivons dans une société qui nous pousse à mettre ce qui nous dérange au placard plutôt que d’essayer de réparer ce qui ne va pas, et malheureusement cela s’applique aussi aux relations de couple » explique-t-il encore à Goodnewsnetwork.

Réfléchissez bien avant d’agir
« Parfois, je dois faire face à des couples qui sont encore confus quand ils décident de lancer la procédure de divorce, et dans la chaleur de l’émotion, ils ne pensent pas très bien avant de prendre cette décision. [Dans ce cas], le divorce n’était pas nécessaire, ils étaient heureux jusqu’à présent », déclare Gonçalves. C’est pour cette raison qu’il a décidé de poster sur les réseaux sociaux ce post-it, dans l’espoir de pouvoir aider d’autres couples.

Nouveau gourou de l’amour ?
Quelques 330 millions de likes sur Facebook plus tard, Rafael Gonçalves a décidé d’ouvrir des pages secrètes sur ce même réseau social, pour permettre aux femmes d’échanger entre elles sur leurs problèmes de couple. « Tout ce qu’elles postent est classifié » précise-t-il. Pendant son temps libre, Rafael Gonçalves poste aussi régulièrement des conseils en matière de relations amoureuses sur sa page, n’hésitant pas à s’appuyer sur la Bible.

https://fr.aleteia.org/2017/08/27/4-questions-a-se-poser-pour-eviter-divorce/

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Commentaire d'Hercule :

Je me souviens de quelqu'un qui me disait : "Croyez-en en ma propre expérience. Les gens divorcent par manque d'intelligence !...".

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